Un peu plus de sept mois après les émeutes tragiques, l’ex-Premier ministre népalais KP Sharma Oli a été présenté à un juge suite à son arrestation dans le cadre d'une enquête concernant l'insurrection meurtrière qui l’a contraint à démissionner. Cette situation survient alors qu'un autre ancien ministre de son gouvernement a également été interpellé.
Les arrestations surviennent peu après l’ascension au pouvoir de Balendra Shah, le jeune maire de Katmandou, devenu Premier ministre après sa victoire électorale le 5 mars. Sa récente nomination contribue à un climat tendu en pleine transition politique.
L’ex Premier ministre en garde à vue
Dans la nuit de samedi, KP Sharma Oli, âgé de 74 ans, ainsi que son ancien ministre de l'Intérieur, Ramesh Lekhak, ont été appréhendés pour être entendus sur leur rôle durant les émeutes des 8 et 9 septembre, qui auraient causé la mort d'au moins 76 personnes. Ils ont été présentés ce dimanche devant un juge pour décider de la prolongation de leur garde à vue.
KP Sharma Oli, dont la santé est fragile, a été entendu par visioconférence depuis un hôpital de la capitale. Ses avocats ont demandé sa libération immédiate devant la Cour suprême, qui doit examiner le dossier dans les prochains jours.
Une enquête sur un blanchiment d’argent
Parallèlement, l’ancien ministre de l'Énergie, Deepak Khadka, a été arrêté pour des accusations de blanchiment d’argent suite à la découverte de liquidités à son domicile lors des émeutes. Cette opération judiciaire est supervisée par le ministre de l'Intérieur, Sudan Gurung, qui a affirmé que la justice prend son cours et que « personne n’est au-dessus de la loi ».
Cette déclaration s'inscrit dans un contexte où la commission d’enquête, nommée par les autorités de transition, a recommandée des poursuites pénales contre plusieurs figures, dont Oli et Lekhak. Les tensions demeurent palpables, de nombreux partisans de l'ancien Premier ministre ayant manifesté dans les rues de Katmandou, dénonçant ces mesures comme une vengeance.
Comme l’a exprimé un de ses sympathisants, Tejila Thapa : « La décision du gouvernement pourrait plonger le pays dans la confrontation ». L’avenir politique du Népal reste donc incertain alors que les anciens dirigeants sont confrontés à la justice.







