L'Iran a récemment annoncé qu'il avait capturé deux navires dans le détroit d'Ormuz, un passage stratégique vital pour le commerce maritime. Téhéran a clairement indiqué qu'il n'envisagerait pas la réouverture de ce détroit tant que le blocus de ses ports par les États-Unis persistera. Washington, de son côté, a minimisé ces saisies, tout en entretenant le flou quant à la durée de ce cessez-le-feu. Les analyses de la presse internationale soulignent que le renforcement de l'emprise de Téhéran sur la région pourrait offrir à l'Iran un levier dans des négociations futures. "Le conflit avec l'Iran s'est intensifié, créant une impasse entre guerre et paix, et laissant le détroit d'Ormuz dans un état d'incertitude inquiétante", note le Wall Street Journal.
Le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, a affirmé sur X que "la réouverture du détroit d'Ormuz est impossible tant que le cessez-le-feu est ouvertement violé par un blocus naval".
Une posture de plus en plus agressive en mer
Les Gardiens de la Révolution ont indiqué que les deux navires tentant de franchir le détroit ont été redirigés vers les côtes iraniennes. Le gouvernement du Panama a confirmé que l'un des navires, le MSC Francesca, battant son pavillon, a été saisi, qualifiant cette action de "grave atteinte" à la sécurité maritime. L'autre navire, l’Epaminondas, est un porte-conteneurs libérien appartenant à une entreprise grecque, comme l'atteste Ekathimerini.
"Il s’agit des premiers navires à être saisis depuis le début de la guerre entre les États-Unis et Israël contre l’Iran, qui a démarré le 28 février", signale USA Today. Ce quotidien souligne que l'Iran adopte "une posture de plus en plus agressive en mer".
Un troisième navire a été la cible de tirs à 8 milles nautiques des côtes iraniennes, selon l'agence britannique UKTMO. Heureusement, il a réussi à rejoindre le port saoudien de Jeddah, d’après le site Marinetraffic.
Suite aux incidents maritimes, la Maison-Blanche a choisi de minimiser la situation, affirmant qu'il ne s'agissait ni de navires américains ou israéliens, mais de "deux navires internationaux", a déclaré sa porte-parole Karoline Leavitt dans une interview à Fox News.
Le Commandement central des États-Unis a rapporté avoir forcé 31 navires à faire demi-tour dans le cadre de son blocus naval, principalement composé de pétroliers, comme l’a précisé le CENTCOM dans un post sur X, selon NBC News.
Un levier dans les négociations
Les saisies maritimes de mercredi "démontrent que l'Iran conserve un contrôle serré sur le détroit d'Ormuz, lui permettant d’accroître la pression sur l'économie mondiale, malgré les frappes américaines sur près de 13 000 cibles en Iran et le blocus naval en vigueur", explique le New York Times. Cette stratégie offre à l'Iran un levier négociable avec les États-Unis.
L'analyse du Guardian souligne que "les deux parties cherchent à prouver leur capacité à imposer leur contrôle sur le détroit d'Ormuz". En saisissant des navires commerciaux, l'Iran envoie un message fort sur sa capacité à exercer une influence sur l'économie mondiale.
"Les États-Unis, par leurs actions et sanctions, tentent de provoquer un effondrement de l'économie iranienne, dans un contexte où Téhéran manque d'espaces pour stocker son pétrole non exporté à cause du blocus", ajoute le magazine.
Alors que Donald Trump a prolongé le cessez-le-feu sans date limite mardi soir, le flou persiste concernant le calendrier des discussions avec l'Iran. Karoline Leavitt a précisé que "le président n'avait pas déterminé de date limite pour la soumission d'une proposition" et que "ce calendrier sera finalement dicté par Donald Trump".







