Mercredi, les audiences intègrent les attestations de Claude Guéant, un élément crucial pour l'affaire du financement libyen de la campagne présidentielle de 2007. Le président de la cour d'appel a confirmé que Nicolas Sarkozy, ancien chef de l'État, sera interrogé concernant ses relations avec son ancien collaborateur, Guéant.
Malgré son absence due à des problèmes de santé, Guéant a fait parvenir deux lettres à la cour, datées des 11 et 26 avril, en réponse aux allégations de Sarkozy. Dans celle datée du 26 avril, il fait état de leur rupture, marquant un tournant dans une relation jusque-là perçue comme solidaire, surtout après leur condamnation conjointe à plusieurs années de prison.
Dans sa première attestation, Guéant a défendu son rôle, affirmant avoir toujours suivi les instructions de Sarkozy et avoir agi dans l'intérêt du président. Cependant, la deuxième attestation réfute les déclarations de l'ancien président selon lesquelles il n'aurait pas connu Guéant avant 2002, qualifiant ces affirmations de fausses.
Guéant a également évoqué un dîner à Tripoli en juillet 2007, où Sarkozy, en présence de Mouammar Kadhafi, aurait abordé la situation d'Abdallah Senoussi, un haut responsable du régime libyen. Ce dernier était alors sous le coup d'un mandat d'arrêt international pour des crimes commis en France. Guéant rapporte que Sarkozy lui aurait demandé de s'en occuper, ce qui a suscité des réactions vives de la part de l'ancien président.
Sarkozy a nié ces allégations, mais Guéant s'insurge contre cette dénégation. Il a aussi affirmé qu'il avait inévitablement discuté de sa rencontre avec Senoussi à diverses occasions après l'événement, soulignant que tout contact entrait dans le cadre normal de leurs interactions professionnelles.
Enfin, après avoir d'abord minimisé la connaissance de certains événements, Sarkozy a reconnu, en se basant sur les preuves du dossier, que son ancien avocat, Thierry Herzog, avait bel et bien effectué un voyage en Libye fin 2005. Toutefois, il a toujours rejeté l'idée qu'il ait orchestré cette rencontre, renvoyant la responsabilité aux autorités de l'époque.
Les développements de ce procès, suivent les préoccupations de nombreux experts en droit, s'interrogeant sur l'impact que ces témoignages pourraient avoir sur le système judiciaire français et la crédibilité des institutions. Christine Lambert, une avocate spécialiste du droit pénal, a affirmé lors d'une interview pour Le Monde : "Ce procès met en lumière des questions fondamentales sur l'intégrité et la responsabilité des dirigeants politiques".







