Après près de six mois de tensions, la commission d’enquête parlementaire sur l’audiovisuel public a validé, lundi, le rapport de Charles Alloncle (UDR), malgré une opposition virulente de la gauche. Lors d’une réunion marquée par des débats animés et plusieurs interruptions, les députés ont adopté le texte par 12 voix contre 10, permettant ainsi sa publication imminente.
« Nous lutterons ligne par ligne pour dénoncer les incohérences », a déclaré Aurélien Saintoul, représentant des Insoumis. La socialiste Ayda Hadizadeh a également souligné l’importance d’une crédibilité au sein de l’Assemblée nationale. Jérémie Iordanoff, écologiste, a de son côté déploré le manque de courage des députés modérés, avertissant que leur vote favorise le Rassemblement national tout en critiquant l’instrumentalisation de la commission pour démanteler l’audiovisuel public.
« Ce vote ne signifie pas que le rapport est accepté dans son intégralité », a reconnu François-Xavier Ceccoli (LR).
Les élus du Rassemblement national ont approuvé le rapport, tout comme Jérémie Patrier-Leitus (Horizons), président de la commission, motivé par un souci de transparence malgré des désaccords politiques avec le rapporteur.
Des mesures de restructuration en perspective
Parmi les 80 recommandations du rapport, certaines illustraient déjà une volonté de restructuration, telles que la suppression de France 4 et de Mouv’, ainsi que la fusion de France 2 et France 5. Ces économies, estimées à plus d’un milliard d’euros, seront dirigées vers l’entretien du patrimoine public et le désendettement de l’État.
L’adoption du rapport a suscité des hésitations liées au ton et au contenu, Boris Vallaud (PS) dénonçant des « mensonges » et des « partis pris ». Selon les Insoumis, le texte est un « pamphlet idéologique », appelant même à sa censure.
Débats sur la gouvernance et les influences
Charles Alloncle a également attiré l’attention sur les influences externes, citant des tentatives de lobbying vis-à-vis des auditions. Le journal Le Monde a révélé que Lagardère News avait tenté d’influencer le processus avec des questions à poser aux témoins. « C’est une pratique aussi vieille que l’Assemblée », a réagi Alloncle, tandis que le président de la commission, Jérémie Patrier-Leitus, a évoqué des ingérences inédites, rejoignant les préoccupations exposées par Radio France quant aux collusions potentielles visant l’audiovisuel public.







