Laurent Degallaix, réélu maire de la ville du Nord en mars 2026 et président de l'agglomération valenciennoise, fait face à une décision sévère de la justice. Il a été condamné ce jeudi 30 avril à une inéligibilité de cinq ans, accompagnée de deux ans de prison avec sursis et d'une amende de 20 000 euros pour des faits de prise illégale d’intérêts et de subornation de témoin.
Cette peine d’inéligibilité, prononcée avec « exécution provisoire », signifie que Degallaix doit abandonner tous ses mandats électifs immédiatement, même en cas d'appel. En poste depuis 2012, il était accusé d'avoir exercé des pressions pour faire recruter une femme avec laquelle il entretenait une relation, dans une société gérant le stationnement de la municipalité.
Le maire a également été reconnu coupable d'avoir tenté de convaincre cette femme d'abandonner une plainte qu'elle avait déposée contre lui. Le procureur a décrit lors de l'audience l'image que renvoyait Degallaix, celle d'un « dieu qui décide tout » à Valenciennes.
Une « exécution politique », selon son avocat
Le procureur a requis une peine plus sévère d'un an de détention, assortie d'une amende de 25 000 euros, soulignant la gravité des manquements et la récurrence des infractions, Degallaix ayant déjà été condamné pour des faits similaires. Son avocat, Me Philippe Simoneau, a qualifié les réquisitions de « totalement disproportionnées » et s'est référé à une possible « exécution politique ».
Malgré son procès, Laurent Degallaix a réussi à être réélu maire de Valenciennes avec 36,52 % des voix lors des élections de mars 2026, face à Luce Troadec (Divers gauche, 32,56 %) et Tanneguy Adriencense (30,92 %).
L'ancien député, qui représente une circonscription du Nord, avait également été reconduit à la présidence de l'agglomération valenciennoise, qui compte près de 200 000 habitants, témoignant ainsi de la complexité de la situation politique locale qui s'annonce tumultueuse à l'avenir.







