Le 5 mai dernier, le Premier ministre Sébastien Lecornu a qualifié la situation liée aux prix des carburants de "particulièrement difficile et grave". Lors d'une intervention à l'Assemblée nationale, il a exprimé sa volonté de "changer d'échelle" pour adapter les initiatives de soutien à l'économie nationale.
Retrouvez l'intégralité de son discours dans la vidéo ci-dessus.
Interrogé sur le sujet des aides financières destinées aux entreprises, le Premier ministre a promis des mesures supplémentaires. "L'enjeu, c'est le soutien à l'activité et à celles et ceux qui travaillent. Mais désormais, Monsieur le ministre, il va falloir changer d'ampleur et d'échelle", a-t-il déclaré.
Actuellement, plusieurs secteurs bénéficient d'une aide, notamment les pêcheurs, agriculteurs, transporteurs et petits artisans du BTP, qui bénéficient d'une remise sur le gasoil. Par ailleurs, une aide est également accordée aux "grands rouleurs modestes", sous certaines conditions, telles que parcourir au moins 30 km par jour pour aller travailler et avoir un revenu inférieur à 16 880 euros par an pour une personne seule.
Quelles seront les nouvelles aides ?
Le gouvernement envisage d'ajuster les plafonds de revenus pour étendre l'éligibilité des aides. "Aujourd'hui, le montant de l'essence impacte aussi bien ceux qui gagnent 1 500 euros par mois que ceux ayant des revenus aux alentours de 4 000 ou 5 000 euros", a déclaré un chef d'entreprise. Plusieurs automobilistes expriment leur scepticisme : "Ceux qui peuvent bénéficier des aides en tirent mieux parti. Pour les autres, il ne reste qu'à attendre et espérer que la crise s'atténue".
Des discussions sont également en cours pour inclure des secteurs comme les taxis ou d'autres professionnels directement affectés par la hausse des coûts de l'énergie.
Quel serait le coût d'une telle mesure ?
Pour ce mois de mai, l'État a déjà alloué 180 millions d'euros en aide. Toutefois, ces fonds proviennent d'un surplus de recettes fiscales sur les carburants, déjà épuisé. "Il est donc essentiel de trouver des économies ailleurs", souligne Mathieu Plane, économiste à l'OFCE. Il ajoute : "La réalité, c'est qu'il y a un arbitrage politique nécessaire. Si de nouvelles mesures coûteuses sont annoncées, il sera crucial de les financer d'une manière ou d'une autre." Pour l'instant, le gouvernement reste ferme sur la question des taxes sur les carburants, ne prévoyant pas de diminutions à ce sujet.







