Communiqué attendu, Emmanuel Macron a suggéré ce mardi la nomination d'Emmanuel Moulin, ancien secrétaire général de l'Élysée, au poste de gouverneur de la Banque de France. Âgé de 57 ans et fort d'une carrière en finance, Moulin prendra ses fonctions en juin prochain, remplaçant François Villeroy de Galhau, sous réserve de l'aval des commissions des Finances de l'Assemblée nationale et du Sénat. Bien que ce processus soit en général dénué de contestation, il n'est pas exempt d'historique ; en 2023, une nomination à la tête de l'Ademe avait été rejetée par le Parlement.
Ce mouvement de nomination parmi des proches d'Emmanuel Macron soulève des interrogations. Certains opposants dénoncent un "faîte du prince" ou un "passage en force", rappelant que dans cette "monarchie républicaine", chaque président a profité de son pouvoir de nomination, comme le souligne le journaliste Michaël Moreau dans son livre "Sa Majesté nomme", qui indique que près de 5 000 postes dépendent de l'approbation du Palais.
Idem pour l'accélération des nominations en fin de mandat ; les précédents témoignent de cette tendance.
Avec les échéances électorales à l'horizon, la fréquence de ces nominations devient encore plus significative. Des experts suggèrent qu'elles visent à consolider l'État de droit face à l'éventualité de changements politiques majeurs. La décision de Villeroy de Galhau de quitter son poste un an et demi avant la fin de son mandat pour rejoindre une fondation déclenche des spéculations : cela pourrait offrir au futur président, qu'il soit de droite ou d'extrême droite, moins de marges de manœuvre sur des postes clés.
En désignant des fidèles parmi ses rangs, Emmanuel Macron cours risque de fournir des munitions à l'opposition, notamment à Marine Le Pen et Jordan Bardella. Si ces figures accédaient à la présidence, difficile serait de leur reprocher d'adopter les mêmes pratiques.







