Le parquet de Cusset a annoncé le classement sans suite des plaintes de familles de trois gendarmes tués en 2020 par un forcené dans le Puy-de-Dôme. Cet homme, retrouvé mort après avoir ouvert le feu, avait également blessé un quatrième gendarme.
Les plaintes portées contre la hiérarchie militaire vise des omissions de communication concernant la menace que représentait le forcené, lourdement armé. Selon les avocats des familles, les gendarmes n'auraient pas été informés des risques encourus, et la consigne d'attendre le GIGN n'aurait pas été donnée, ce qui pourrait être interprété comme une négligence grave.
Françoise Audran, procureure de Cusset, a expliqué que l'enquête de l'Inspection générale de la gendarmerie nationale (IGGN) n'avait pas révélé de failles dans les obligations de sécurité, qualifiant de "non caractérisées" les accusations d'homicide involontaire. Cette décision a suscité l'indignation des familles, qui se sentent abandonnées par la justice.
L'intervention des gendarmes en question s'est déroulée durant la nuit du 22 au 23 décembre 2020 à Saint-Just, alors qu'ils intervenaient pour des violences conjugales. L'attaque a causé la mort tragique de trois d'entre eux, laissant des familles en deuil et en colère. "Les plaignants restent choqués par la décision d’archiver leur dossier sans suite", a affirmé Me Portejoie, représentant des familles.
"La procureure a écarté des qualifications pénales alors même que des rapports de l'IGGN pointent des états de fait très préoccupants", a-t-il ajouté.
Face à ce constat, les avocats envisagent de déposer une nouvelle plainte pour homicide involontaire, en se basant sur les manquements soulignés par l’IGGN. "Nous allons prendre à notre charge les éléments dénoncés, dans l'espoir de faire respecter la mémoire de nos clients", a déclaré l’avocat, soucieux de restaurer un semblant de justice.







