Impliqué à fond dans la gestion des récents cas d'hantavirus en France, le Premier ministre a choisi d'assumer directement la communication autour de ce virus. Pour éviter les erreurs de la pandémie de Covid-19, il s’informe auprès des experts afin de prendre les meilleures décisions possibles, selon des membres de son entourage.
Le mardi 12 mai, Sébastien Lecornu a présidé deux réunions interministérielles quotidiennes sur la crise liée à l'hantavirus. "Ce rythme quotidien sera maintenu jusqu'à ce que la situation soit sous contrôle," affirment ses services de Matignon. Lors de ces sessions, le Premier ministre a interrogé des épidémiologistes sur la menace que représente ce virus. "Il n'est pas devenu scientifique en un jour, mais il prend ses responsabilités pour adopter une approche éclairée," souligne une source à franceinfo.
Dès dimanche dernier, il annonçait via ses réseaux sociaux qu'une croisiériste française, récemment rapatriée du MV Hondius, avait montré des symptômes liés à la maladie. Cette réactivité démontre une volonté d’être présent et visible, contrastant avec le début hésitant du gouvernement d’Édouard Philippe lors de la crise du Covid-19 en 2020.
Un ministre aguerri face aux crises
Les conseillers de Sébastien Lecornu rapportent qu'il a anticipé l’augmentation des cas dés la fin de la semaine précédente. "Il a compris immédiatement l'urgence d'une réaction forte et rapide. Ne pas réagir dès le départ peut rendre la gestion d'une crise beaucoup plus complexe," confie son entourage. Dans cela, il s’illustre par rapport à Agnès Buzyn, qui, lors de l'émergence du Covid-19, n’avait pas jugé nécessaire d’informer le public rapidement. "Agnès n’a pas pris la parole lors de l’apparition du premier cas suspect, une erreur que Lecornu semble décidé à éviter," rappelle une ministre de l’époque.
En tant qu’ancien ministre des Collectivités territoriales, il a pu constater de près les défis de la communication pendant la pandémie. "Avec plus de dix ans d’expérience en gestion de crises, y compris en tant que ministre des Armées, Lectornu est préparé à faire face à ces enjeux. Il prône une vigilance constante, même en l'absence d’une crise déclarée," indique une source proche de lui.
Des critiques tout en nuance
Lors des récentes séances de questions au gouvernement, il a délégué l'intervention concernant l'hantavirus à sa ministre de la Santé, Stéphanie Rist. Ce choix a suscité des critiques, notamment de la part de l'opposition, tel le député insoumis Eloïse Leboucher qui a dénoncé ce qu'elle considère comme une "impréparation" du gouvernement. "Les parlementaires doivent être informés des protocoles en cours," a-t-elle insisté.
Stéphanie Rist a prévu d'être entendue par la commission des Affaires sociales de l'Assemblée nationale pour expliquer les mesures gouvernementales. Même le député du Rassemblement national a pris la parole pour insister sur l'importance de la transparence, surtout en matière d'approvisionnement en masques et équipements médicaux. Son collègue Thomas Ménagé a souligné l'importance du rôle du Parlement dans cette gestion.
L'ancienne porte-parole Sibeth Ndiaye a déclaré à franceinfo : "Lecornu fait preuve de rapidité dans ses réactions. La communication gouvernementale est coordonnée, et cela permet de rassurer le public sur nos actions," tout en appelant à la transparence pour éviter la désinformation et la propagation de théories du complot.
Pour conclure, la gestion de l'hantavirus par Sébastien Lecornu s'inscrit clairement dans un schéma d'anticipation et de rigueur, apprenant des leçons passées pour mieux informer et protéger les citoyens.







