Lors d'une interview accordée à TV5 Monde, France 24 et RFI à l'issue de son déplacement au Kenya pour un sommet franco-africain, le président Emmanuel Macron a longuement examiné la situation délicate au Sahel, en particulier au Mali. Il a rappelé le sens de l'opération miliaire engagée en 2013 sous François Hollande, à la demande du président malien de l’époque, Ibrahim Boubacar Keïta, visant à "prévenir la partition du Mali et la prolifération des groupes terroristes dans le Nord".
Macron a souligné que l'armée française avait collaboré avec les forces armées du Mali, du Niger, et du Burkina Faso jusqu'en 2020, dans le cadre d'une opération "clairement sollicité par des États souverains et soutenue par la CEDEAO". Néanmoins, il a exprimé sa frustration face à ce qu'il qualifie d'"ingratitude" des dirigeants locaux, déclarant : "J'en veux beaucoup aux responsables qui ont tenu des propos inacceptables".
Un partenariat équitable et responsable
Le chef de l'État a également reconnu ne pas avoir "repensé plus tôt la présence militaire française" en Afrique et a admis un manque d’exigence envers les gouvernements sahéliens pré-coup d'État, notant qu'il aurait dû les pousser davantage vers des "projets de développement" dans les zones retrouvées.
Macron a indiqué qu'il était satisfait des réformes entreprises, déclarant : "Ces quatre dernières années, nous avons totalement réévalué notre relation avec l'Afrique en matière de sécurité et de paix", évoquant la fermeture de nombreuses bases militaires. "Cela a permis de normaliser les relations, transformant notre interaction en un partenariat plus équitable et responsable".
Une politique migratoire "durcie" à l'égard des pays d'Afrique
Au cours de cette même entrevue, Emmanuel Macron a pris la responsabilité de la "durcissement de la politique migratoire" française. "Face à une pression migratoire accrue ces dernières années, il était nécessaire d’adapter notre contrôle des entrées. Toutefois, nous restons attachés à nos valeurs et continuerons à protéger ceux qui risquent leur vie à cause de leur engagement politique", a-t-il déclaré.
Concernant l’accueil des étudiants africains dans les universités françaises, Macron a affirmé que "la France reste l'un des pays où l'enseignement supérieur est le moins cher au monde", tout en ajoutant : "Nos contribuables ne peuvent pas financer des études gratuites pour tous".







