À moins d'un an des présidentielles, la tension monte sur la gauche. Récemment, plusieurs membres de La France Insoumise (LFI) ont relayé une note révélatrice de la stratégie de campagne de Raphaël Glucksmann pour Place Publique. Ce document présente différentes catégories d'électeurs, des cibles idéales aux profils à éviter. Selon cette note, une des catégories privilégiées rassemble les cadres supérieurs, retraités aisés et autres électeurs bien établis, tandis qu'une seconde catégorie évoque les jeunes et les populations modestes comme des cibles à marginaliser.
Intitulée « Cible 1 : les fidèles », cette note décrit les électeurs recherchés comme des personnes âgées de 50 à 80 ans, ayant un revenu supérieur à 3 500 euros mensuels et vivant principalement dans les grandes villes de l’Île-de-France, de Bretagne ou d’Occitanie. En revanche, une autre catégorie, celle des jeunes de 18 à 25 ans, qui gagnent moins de 1 500 euros par mois et vivent dans des zones moins favorisées, est qualifiée de « difficilement mobilisable » par Glucksmann et son équipe.
Cette division dans son public a immédiatement suscité des réactions virulentes. Manon Aubry, députée LFI, a dénoncé cette approche comme une préférence pour « les riches aux pauvres », tandis que Clémence Guetté de LFI a ajouté que cela semble abandonner les classes populaires. Ces critiques sont amplifiées par la divulgation de la note sur les réseaux sociaux, suscitant un tollé général. Politico rapporte que le document a été rédigé par Mathieu Lefèvre-Marton, un stratège de la campagne.
En réponse, Glucksmann a fermement contesté la portée de ce document, déclarant qu'il n'avait « aucune valeur politique ». Dans un communiqué, il a insisté sur le fait que la note ne reflète pas ses véritables intentions et que ses priorités sont d'attirer des électeurs dans les grandes métropoles, tout en regrettant que LFI cible principalement les banlieues populaires.
Cette polémique met en lumière les défis qui se profilent à l'horizon des élections présidentielles et met à l'épreuve la cohésion de la gauche française. Les débats en cours illustrent une fracture profonde au sein de cette voie politique, qui doit maintenant se poser la question de son orientation et de ses priorités à l'approche des élections.







