Le président Emmanuel Macron a annoncé le 1er juin que la marine française, avec l'assistance logistique du Royaume-Uni, avait intercepté dans l'Atlantique le pétrolier Tagor, suspecté d'être rattaché à la flotte fantôme de Moscou, une flotte utilisée par la Russie pour contourner les sanctions internationales.
Parti le 30 mai de Mourmansk en Russie, le Tagor, arborant le pavillon camerounais, a été intercepté à plus de 400 milles nautiques (environ 740 kilomètres) à l'ouest de la Bretagne, comme l'a rapporté The Daily Telegraph. Ce navire est suspecté de transporter du pétrole russe ou iranien, ce qui violerait les sanctions imposées par la communauté internationale. Des documents indiquent qu'il pourrait être lié à Mohammad Hossein Shamkhani, un magnat iranien du pétrole, selon Opensanctions.org.
Dans un tweet, Macron a déclaré : “Il est inacceptable que des bateaux contournent les sanctions internationales, violent le droit de la mer et financent la guerre que mène la Russie contre l’Ukraine depuis plus de quatre ans.” Une vidéo montrant des soldats français en action a été diffusée, témoignant de l'importance de cette opération, rapportait The Times.
Ce succès a été renforcé par le soutien britannique, où des renseignements aériens et des moyens de surveillance ont été fournis, bien qu'aucun navire britannique n’ait été impliqué dans l’opération, a précisé le Daily Telegraph. La BBC a également rapporté qu'un hélicoptère britannique a assisté pendant l'opération.
Une réaction russe virulente
En outre, l'agence de presse Tass a révélé que le capitaine du Tagor serait un citoyen russe, une information confirmée par le parquet de Brest qui a ouvert une enquête pour “non-justification de nationalité d’un navire” et “défaut de pavillon”. Le procureur a indiqué que le capitaine aurait “refusé à plusieurs reprises de se conformer aux instructions de la marine nationale”.
De son côté, Dmitri Peskov, porte-parole du Kremlin, a condamné ces actions françaises, les qualifiant “d’illégales et proches de la piraterie internationale”, selon des propos relayés par Tass.
La réaction de la presse russe a également été très critique, Alexandre Kots de Komsomolskaïa Pravda affirmant : “Ce n’est plus de la piraterie, c’est du racket international.” Il a ajouté qu'il était crucial pour la Russie de montrer sa force pour contrer ce qu’il décrit comme “l’arrogance des faucons européens”.
Cette interception constitue le quatrième arraisonnement par la marine française d'un navire soupçonné de faire partie de la flotte fantôme de Moscou depuis septembre 2025, illustrant les luttes géopolitiques qui se déroulent en mer.







