Le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, a affirmé ce lundi qu'il n'y avait eu aucune forme d'intervention gouvernementale dans la prolongation de dix ans du titre de séjour de la Russe Xenia Fedorova. Cette dernière, accusée d'être un relais de la propagande du Kremlin, était à l'origine de nombreuses controverses médiatiques.
Lors d'une interview sur France Inter, Nuñez a précisé : "Contrairement à ce qui a été rapporté dans certains médias, il n'y a eu aucune intervention politique." Il a ajouté que la prolongation des titres de séjour pour les personnes en situation régulière est une procédure standard. "Chaque jour, des titres sont renouvelés si les conditions sont respectées," a-t-il affirmé.
Toutefois, il a également souligné que la possession d'un titre de séjour ne garantit pas une immunité contre des poursuites s'il s'avère qu'il y a des menaces à l'ordre public ou aux intérêts de la nation.
Des opinions controversées
Xenia Fedorova, anciennement à la tête de RT France et bannie de l'UE depuis mars 2022, présente régulièrement des contenus défendant les positions russes. Son engagement sur CNews et Europe 1 suscite de vives réactions, surtout après que la porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, ait dénoncé ses "propos très graves" qui, selon elle, retournent la responsabilité entre la Russie et l'Ukraine.
Jean-Noël Barrot, ministre des Affaires étrangères, a qualifié Fedorova de "propagandiste" au service de Poutine, renforçant ainsi les inquiétudes autour de ses discours. En réponse, Maxime Saada, président de Canal+, a défendu sa chroniqueuse en argumentant que sa présence est un enjeu de "liberté d'expression." C'est un point de vue partagé par d'autres figures du milieu médiatique, comme Arnaud Lagardère et Gérald-Brice Viret, qui ont publié une tribune dans le Journal du dimanche pour affirmer leur opposition à sa stigmatisation.







