L'ancien ministre et maire d'Issy-les-Moulineaux, André Santini, est décédé à l'âge de 85 ans, laissant derrière lui un héritage inestimable. Élu depuis 1980, il avait récemment remporté un huitième mandat consécutif, et ce, depuis son lit d'hôpital, soulignant sa détermination.
Connu pour son humour mordant et ses formules pittoresques, Santini a fait de cette ville des Hauts-de-Seine un modèle de réussite. Selon une annonce faite par Le Parisien, son décès a été confirmé par Philippe Knusmann, un de ses adjoints. Ces mots résonnent particulièrement dans un monde politique en pleine évolution.
Durant plus de quarante ans, Santini a été un pilier du centre-droit français, détenant des postes clés tels que député et vice-président de la Métropole du Grand Paris. En mars dernier, sa victoire lors des élections municipales, avec 48 % des voix, a été saluée comme un exploit, d'autant plus qu'il l'avait réalisé depuis l'hôpital après un accident.
Avec une phrase mémorable, il avait déclaré : "Je reviens de loin, mais il me reste un peu de sang à utiliser et un morceau de cœur." Ces mots témoignent de son envie farouche de servir encore sa ville adoptive.
Une figure incontournable du centre-droit
André Santini, surnommé "Dédé" par ses proches, a su marier humour et engagement politique. Durant sa carrière, il a occupé plusieurs fonctions ministérielles sous des gouvernements de gauche et de droite, en témoignant d'une certaine flexibilité politique. Sous sa direction, Issy-les-Moulineaux a évolué en attirant de nombreuses entreprises internationales, illustrant sa vision dynamique.
Sur X (anciennement Twitter), la présidente de la région Île-de-France, Valérie Pécresse, a rendu hommage à Santini en soulignant sa contribution essentielle à la transformation de sa ville. "On lui doit l'arrivée en Île-de-France de nombreux sièges sociaux d'entreprises étrangères," a-t-elle déclaré.
De même, Yaël Braun-Pivet, présidente de l'Assemblée nationale, a salué son impact sur l'histoire d'Issy. La classe politique, à gauche comme à droite, a reconnu la stature quasi mythique de Santini.
Dans les rues d’Issy, les réactions sont partagées, mélangeant respect et critiques, reflet d'un héritage complexe. Isabelle, 68 ans, a exprimé sa peine : "C'est triste, il aura travaillé jusqu'au bout." D'autres, comme Alexandre, plus critique, voient dans sa fin de règne une occasion de renouveau pour la ville.
Un parcours politique sinueux
Né le 20 octobre 1940 à Paris, Santini a des origines corses. Après avoir été adjoint au maire de Courbevoie, il devient maire d'Issy en 1980, portant rapidement des ambitions politiques plus larges. Toute sa carrière a été ponctuée de controverses, y compris des accusations graves sur la fin de son mandat, mais ces épreuves n'ont pas terni l'image d'un homme charismatique et déterminé.
Son parcours, entaché par une affaire judiciaire complexe, a marqué la fin de sa carrière, servant à rappeler que même les figures les plus emblématiques ne sont pas à l’abri des tempêtes. Son départ laisse un vide considérable, mais témoigne aussi d'un moment charnière pour la ville d'Issy-les-Moulineaux et pour la politique française dans son ensemble.







