Déjà derrière les barreaux après une condamnation à la réclusion criminelle à perpétuité en février, Yoon Suk-yeol a reçu le 12 juin une sentence supplémentaire de trente ans. La justice sud-coréenne lui reproche d'avoir orchestré une incursion de drones en territoire nord-coréen, considérée comme une provocation visant à justifier la déclaration de l'état d'urgence.

Selon le rapport du Korea Herald, le tribunal de Séoul a jugé que cette opération, lancée avec des drones, avait pour but de provoquer Pyongyang et d'adopter la loi martiale. Le verdict a déclaré Yoon coupable d'abus de pouvoir, soulignant que son acte a ‘profité à l'ennemi', en dévoilant les capacités militaires sud-coréennes.

Provocations et trahison

L'ancien président, dont la destitution avait été entérinée en avril 2025, ainsi que ses coaccusés, ont été critiqués pour avoir provoqué une situation d'urgence nationale. Le tribunal a remarqué qu'ils avaient incité l'armée nord-coréenne à agir et à exacerber les tensions, trahissant ainsi l'espoir du peuple quant à l'usage de la force militaire à des fins légitimes, comme le rapporte le Korea Times.

Les résultats de l’enquête indiquent que les actions de Yoon, effectuées en octobre 2024, avaient intensifié les tensions entre les deux nations. Pour sa défense, Yoon a mentionné que l'envoi des drones était une réponse aux ballons de déchets envoyés par la Corée du Nord, et il compte faire appel de sa peine.

Cette décision marque un tournant dans l'histoire judiciaire sud-coréenne, puisque c'est la première fois qu'un ancien chef d'État est sanctionné pour avoir favorisé un pays considéré comme un ennemi, ce qui est qualifié de crime contre l'État.