Dans une décision historique, le NPA-l’Anticapitaliste a récemment annoncé qu’il ne présentera pas de candidat pour l’élection présidentielle de 2027, optant plutôt pour un front antifasciste derrière Jean-Luc Mélenchon. Cette orientation stratégique marque un tournant significatif, étant la première fois depuis sa fondation en 2009 que le NPA se retire des candidatures présidentielles.
Cette annonce a été faite lors de la conférence nationale du 28 juin 2026, où le NPA a expliqué que Mélenchon serait le candidat le plus apte à mener la gauche face à l’extrême droite.
Il est important de noter que cette alliance ne surprend guère. Au cours d’une émission de « Ça Ira » diffusée le 29 mai, Philippe Poutou, qui a déjà été candidat à la présidence, avait exprimé que seule La France Insoumise (LFI) pouvait insuffler une dynamique électorale suffisamment forte sur la gauche. Toutefois, il avait émis des réserves quant à certaines tendances au sein de LFI, arguant qu'elles risquaient d'ignorer les voix à leur gauche.
Cependant, cette stratégie suscite des débats au sein de la gauche radicale. Le NPA-Révolutionnaire, issu d'une scission en 2024, s’oppose fermement à cette direction. Aurélien Gautreau, un de ses porte-parole, a déclaré dans un entretien accordé à l’Humanité : « Le front antifasciste doit se construire dans la rue. » Selon lui, l’accent doit être mis sur l'établissement d'un pôle révolutionnaire indépendant des partis politiques traditionnels, incluant ceux de LFI.
Des visions divergentes pour l’avenir
Face à l'échec du projet de candidature commune, le NPA-R a décidé de soutenir Selma Labib, une conductrice de bus, comme candidate, affirmant qu'elle incarne la continuité des candidatures autonomes établies précédemment par Poutou.
De son côté, Révolution Permanente (RP), une autre entité dissidente du NPA, juge également que s'aligner avec LFI serait une erreur. Pour eux, les élections restent un espace essentiellement « bourgeois », utile pour faire émerger des thématiques issues du milieu du travail. Anasse Kazib, un représentant de RP, estime même que le soutien à LFI ne fait qu'ajouter à la confusion, et plaide pour la nécessité de relayer les préoccupations des plus défavorisés sans être compromis par des manœuvres politiques traditionnelles.







