Le jeudi 25 juin, la Confédération européenne des syndicats (CES) a lancé un appel à l'Union européenne pour mettre en œuvre des mesures spécifiques visant à protéger les travailleurs des vagues de chaleur. Parmi ces mesures, l'introduction de "pauses fraîcheur" obligatoires figure en bonne place. Cette initiative s'inscrit dans un rapport coécrit par Marouane Laabbas-el-Guennouni, chercheur à l’Institut syndical européen (ETUI), qui insiste sur la nécessité de traduire les données scientifiques en solutions pratiques pour les salariés.
“Ce que nous voulons, c’est protéger les travailleurs dans leur vie quotidienne,” a déclaré Laabbas-el-Guennouni dans une interview accordée à EU Observer. Le rapport évoque un besoin urgent de mesures concrètes, notamment l’élaboration d’une directive évaluant le stress thermique au travail, selon les normes climatiques actuelles.
Enjeux sanitaires mais aussi économiques
Parmi les recommandations, Esther Lynch, secrétaire générale de la CES, a particulièrement mis en avant les "pauses fraîcheur", par analogie avec celles instaurées lors de la Coupe du monde de football. Sur son site, la CES préconise de garantir à tous les travailleurs ce droit essentiel, qui comprend l’accès à de l’eau, de l’ombre, et des installations sanitaires.
Au-delà de ces mesures, la CES souligne qu'il n'existe actuellement aucun cadre législatif européen pour protéger les travailleurs des effets de la chaleur accablante. Cette absence d'un texte spécifique doit être corrigée, comme le rapporte Il Sole-24 Ore. Cela permettrait de déclencher des actions ciblées dès qu’un seuil critique de température est atteint.
Alors que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) souligne qu'au moins 1 300 décès en Europe ont été liés à la canicule depuis le 21 juin, la santé des travailleurs et les implications économiques de cette crise sont inéluctables. Il Sole-24 Ore fait remarquer que le stress thermique pourrait entraîner une baisse significative de la productivité, de 20 % dans le sud de l’Europe à 3-9 % dans le nord, représentant des pertes économiques potentielles de 26,1 milliards d’euros par jour en 2060. L'urgente nécessité d'une intervention de la Commission européenne est donc davantage évidente que jamais.







