En proie à de sérieuses difficultés face à l’essor des constructeurs chinois, Volkswagen envisage une réorganisation draconienne qui pourrait entraîner la suppression de près de 100 000 postes d’ici 2030, soit environ un emploi sur six. Quatre de ses usines en Allemagne seraient menacées de fermeture à moyen terme.
L’euphorie des actionnaires de Volkswagen (VW) n’aura duré que peu de temps. Le 24 juin, le premier constructeur automobile européen a annoncé la vente de sa participation dans la filiale de moteurs marins Everllence à Bain Capital, un fonds d’investissement américain. Cette cession devrait rapporter environ 7,4 milliards d’euros, bien au-delà des attentes initiales. Cependant, deux jours plus tard, des informations ont émergé selon lesquelles Oliver Blume, le PDG, préparait un audit de coûts à grande échelle.
“Volkswagen envisage de réduire ses effectifs de 100 000 postes”, rapportait Manager Magazin. Ce mensuel économique, qui appartient au groupe Der Spiegel, révèle que “Blume met en œuvre des mesures radicales en fermant progressivement des usines et en séparant VW de ses autres marques”. Les bénéfices espérés de la vente du 24 juin pourraient complètement s’évaporer face aux coûts colossaux de cette restructuration.
Si le plan se concrétise, ces licenciements seraient parmi les plus significatifs de l’histoire des entreprises, dépassant les 74 000 postes supprimés par General Motors dans les années 1990, comme le précise le Financial Times. Cette réduction d’effectifs affecterait près de 15 % d’un personnel mondial d'environ 657 000 individus.
L’action VW à son plus bas niveau
Avec cette réorganisation, Blume vise à préparer Volkswagen, dont le chiffre d'affaires annuel dépasse 300 milliards d'euros, à un contexte de stagnation économique. Face à la montée des rivaux chinois comme BYD et Geely, VW pourrait ne pas atteindre les 9 millions de véhicules vendus par an d'ici 2025. Les derniers résultats financiers établissent une baisse des ventes mondiales de 4 % par rapport à l'année précédente, avec un recul dramatique en Chine (-15 %) et aux États-Unis (-20,5 %).
En bourse, le prix de l’action Volkswagen a chuté au plus bas depuis quinze ans, “sous le niveau de l’après-scandale des moteurs diesel”. Pour redresser la barre, Blume projette d’élever la marge bénéficiaire de 2,8 % à un palier entre 8 % et 10 % d’ici 2030. “Il sera crucial de réaliser 11 milliards d’économies sur cette période,” selon Der Spiegel.
Cependant, la question demeure : “Volkswagen peut-il vraiment supprimer 100 000 postes ?” La négociation ne se fera pas de manière unifiée, mais plutôt via les conseils d’administration des différentes marques. “Chaque marque possède des accords garantissant l’emploi, valables jusqu’en 2030 ou 2033,” note Der Spiegel.
La réaction des syndicats, comme IG Metall, a été immédiate, arguant qu’ils s’opposeront fermement à toute mesure de licenciement. La direction de Volkswagen, de son côté, n’a pas commenté ces informations avant le conseil de surveillance, prévu pour le 9 juillet.







