Attendues avec impatience, les déclarations de Nancy H. agissent comme un révélateur au début de la dernière semaine de l’audience. Bien que fille de l’accusée, elle se positionne également comme sa principale accusatrice dans cette affaire qui a marqué les esprits. Son témoignage, sollicité depuis longtemps, s’inscrit au cœur du procès qui se déroule actuellement à Versailles.
Les experts et témoins intérrogés avant elle ont tous confirmé l'ambivalence des relations entre mère et fille. Cependant, ce lundi 29 juin, Nancy débute avec une déclaration qui laisse l’audience perplexe : "Je n'ai aucun conflit avec ma mère". Ce début cède rapidement la scène à des sombres révélations touchant à des événements d’un autre temps, et à une réouverture des blessures anciennes.
Un témoignage capital
La découverte, le 28 juin 1995, du corps mutilé d'une femme dans une malle sur la Seine a marqué le début d'une enquête complexe. Après une identification tardive confirmée en 1997, il s'est avéré qu'il s'agissait de Corinne Di Dio, une femme de 37 ans active dans un milieu notoire. Bien que le dossier ait été classé sans suite en 2000, l’intrigue a été ravivée en 2004 grâce aux révélations de Nancy H. qui a rapporté des confidences troublantes de l’ex-compagnon de sa mère, Francisco Marquez-Gomez.
Ce dernier lui aurait prétendu que Marie-Thérèse a avoué sa participation à ce meurtre. "Il m'a dit que Madame Garcia avait eu sa vengeance...", raconte Nancy. Elle évoque aussi un ancien souvenir où sa mère semblait manigancer contre quelqu’un, planifiant même des disparitions.
Ce témoignage tiendrait-il du récit de vie d'une fille visiblement tiraillée entre loyauté filiale et vérité judiciaire? À la barre, elle n’hésite pas à partager des détails intimes, évoquant un moment où sa mère aurait fait allusion à la scène du crime, susurrant : "c'est là qu'elle a été étranglée".
Des doutes au sein de la cour
Malgré l’impact émotionnel du témoignage, quelques membres de la cour soulèvent des questions sur la véracité des déclarations de Nancy H., notamment sur sa précision temporelle. Les incohérences dans ses souvenirs viennent remettre en cause la solidité de son témoignage. "Il doit y avoir une erreur" répond-t-elle, insistant sur l'existence d'une voisine impliquée dans ce sombre chapitre.
Interrogée sur la rancœur envers sa mère, Nancy se défend d’en ressentir. Au fur et à mesure de l’audience, les tensions entre le duo ne peuvent être ignorées. Un conflit de relations qui s’est aggravé au fil des ans, rendant l'affaire encore plus complexe.
La défense, une vendetta familiale?
Les avocats de Marie-Thérèse Garcia avancent une thèse : celle d'une vengeance. Évoquant des tensions familiales aiguës, ils soulignent qu’un éventuel mobile pourrait résider dans l’expulsion de Nancy et de son compagnon par Marie-Thérèse.” Selon eux, cela donne à Nancy H. un motif de colère suffisant pour témoigner contre sa mère. Comme le souligne son avocate.
Les allégations et la complexité des relations ne font qu’intensifier l'incertitude autour de cette affaire encore non résolue. Alors que le verdict est attendu pour le 3 juillet, les témoignages témoignent du poids de l’histoire et de la fragilité des liens familiaux dans ce drame humain.







