Le 24 octobre 2022, Emmanuel Macron se rend au Vatican pour une rencontre qui tombe à point nommé. Sur le vol retour, il confie aux journalistes : "Sur le sujet de la fin de vie, j’en ai discuté avec le pape, en lui précisant que je n’aimais pas le terme d’euthanasie. La mort est un instant de vie, pas simplement un acte technique. Est-ce que ma mort m’appartient ? C’est une question profonde, et je n’ai pas la réponse." Ces mots révèlent un président en proie à des réflexions personnelles complexes, alors que la fin de vie a été un engagement de campagne essentiel.
Avec une convention citoyenne sur ce sujet à l’horizon, Macron semble néanmoins hésitant. Le Monde rapportait que le président est conscient des enjeux, citant son souhait d’éviter d'« humilier » les catholiques tout en gardant en mémoire le scénario du mariage pour tous orchestré par François Hollande, qu’il considère toujours comme une référence.
Une loi pour marquer son mandat
En septembre 2023, la ministre Agnès Firmin Le Bodo a présenté un premier projet au président, mais celui-ci reste dans le flou. En avril, face à une Convention citoyenne, il a affirmé : "J'ai une opinion personnelle qui peut évoluer, qui est en constante évolution." Avec une dissolution imminente de l’Assemblée en 2024, les décisions présidentielles pourraient être mises en pause, laissant peu d’options à Macron, dont la loi sur la fin de vie pourrait devenir l'une des principales avancées de son mandat. Bien qu’il ressente encore des doutes, il communique désormais un message de détermination ; un référendum envisagé a été abandonné, et il laisse le Parlement s’emparer du sujet, tout en s’assurant que cette loi soit perçue comme un fait marquant de son second quinquennat.







