Le budget 2026 : vers une adoption sans vote sous pression gouvernementale

Les débats sur le budget 2026 s'enlisent, l'exécutif envisage une sortie rapide.
Le budget 2026 : vers une adoption sans vote sous pression gouvernementale
Laurent Panifous, ministre des Relations avec le Parlement (au centre) a déclaré qu'un texte "de compromis" était de moins en moins envisageable. REUTERS/Stephanie Lecocq

Depuis mardi, la nouvelle lecture du budget de l'État pour 2026 à l'Assemblée nationale est marquée par des discussions chaotiques. Face à l'absence d'un consensus parmi les députés, l'exécutif semble privilégier une adoption rapide, que ce soit par le biais du 49.3 ou d'une ordonnance. Hier, le gouvernement a décidé d'annuler les débats prévus pour vendredi et lundi, renvoyant les discussions à mardi prochain, une date clé où les décisions pourraient être prises.

Laurent Panifous, ministre des Relations avec le Parlement, a défendu cette décision lors d'un discours à l'Assemblée, indiquant que l'idée d'un texte acceptable par une majorité s'éloignait. Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, devrait proposer un plan vendredi visant à élaborer un budget de compromis, mais le climat actuel est tendu. Des sources comme Le Monde signalent que depuis le début de la discussion, les amendements se sont accumulés et que les débats manquent de cohérence.

Amélie de Montchalin, ministre de l'Action et des Comptes publics, a affirmé que le gouvernement devait considérer deux options : le recours au 49.3 ou à l'ordonnance, cette dernière permettant de contourner le vote parlementaire, un choix controversé qu'ont dénoncé de nombreux juristes et parlementaires comme allant à l'encontre de la démocratie parlementaire. Ce chemin est préféré par certains membres de l'exécutif car il permet d'adopter le budget, même si le Premier ministre est censuré ultérieurement.

La montée de la colère politique

Avant le vote de la section "recettes" du budget, dont le rejet pourrait entraîner un transfert direct au Sénat, une décision doit être prise. Actuellement, moins de 500 amendements sont encore à examiner, et le rythme des débats laisse penser qu'une solution pourrait se préciser d'ici mardi, comme l'a souligné un proche du Premier ministre.

Marine Le Pen, présidente du Rassemblement national, a vivement critiqué la situation actuelle, déclarant sur X : "Les promesses de transparence et d’honnêteté de certains partis se révèlent être des mensonges, destinés à éviter de nouvelles élections." Son indignation traduit le malaise actuel au sein de l'Assemblée, où le sentiment d'urgence face à la gestion budgétaire est palpable.

Les choix du gouvernement, face aux critiques croissantes, soulignent une tension politique croissante et posent la question de la confiance entre l’exécutif et le législatif. Les débats autour du budget ne sont pas uniquement une affaire de chiffres, mais aussi un révélateur des enjeux politiques futurs, tant pour la majorité que pour l’opposition.

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