Six ans après le succès des municipales de 2020, les élections de 2026 ont marqué un tournant difficile pour les écologistes. Le second tour, tenu le 22 mars, révèle un affaiblissement net, avec des pertes significatives dans des villes comme Bordeaux, Strasbourg, et Poitiers. Malgré quelques bastions conservés tels que Lyon et Grenoble, le paysage politique des écologistes s'assombrit.
Bordeaux : une conquête emblématique perdue
À Bordeaux, la défaite de Pierre Hurmic, maire sortant, est symbolique : il recueille seulement 49,05 % des voix face à Thomas Cazenave, candidat centriste, qui l'emporte avec 50,95 %. Le scrutin a vu une participation de 58,08 %. En 2020, les écologistes avaient mis fin à plus de sept décennies de domination de la droite. Le lendemain du résultat, des analystes politiques, notamment du Journal du Dimanche, soulignent qu'une absence de fusion avec les autres partis de gauche a pesé dans la balance.
Strasbourg : recul net pour la maire sortante
À Strasbourg, Jeanne Barseghian est également battue par Catherine Trautmann, qui remporte environ 37 % des voix contre 31,7 % pour la maire écologiste. Ce résultat est le fruit d'alliances stratégiques où la fusion avec LFI n'a pas suffi à sauver les meubles, comme l'ont rapporté les experts du Monde.
Besançon : basculement à droite malgré l'union
Besançon, bastion historique de gauche, voit sa maire Anne Vignot s'incliner face à Ludovic Fagaut avec 53,29 %. En dépit d'une coalition incluant le PS et LFI, la droite reprend une ville qui était demeurée verte depuis 2020. Ce retournement est commenté par France Info comme une polarisation des voix autour des candidats centristes.
Annecy : le centre reprend la main
Le départ inattendu de François Astorg à Annecy laisse la voie ouverte à Antoine Armand, candidat Renaissance, qui remporte la mairie avec 49,36 %. Les écologistes, sous le poids d'une triangulaire, voient leurs ambitions s'évanouir.
Poitiers : une quadrangulaire défavorable
À Poitiers, la maire sortante Léonore Moncond’huy est battue par Anthony Brottier, recueillant seulement 40,8 % des voix. La dynamique du premier tour, où plusieurs listes avaient émergé, a renforcé l'idée que l'unité à gauche n'était pas réalisable, explique un politologue dans Libération.
Colombes : perte d'un bastion francilien
Colombes voit également la majorité écologiste perdre le contrôle de la mairie, Patrick Chaimovitch cédant face à Joakim Giacomoni. Cette stagnation municipale est le reflet des difficultés rencontrées lors des fusions entre listes, comme le souligne Le Parisien.
Des bastions conservés et quelques motifs de satisfaction
Cependant, la situation n’est pas totalement désastreuse pour les écologistes. À Lyon, Grégory Doucet a gagné de justesse, tandis qu'à Grenoble, Laurence Ruffin maintient sa position. Tours a également reconduit Emmanuel Denis, montrant que, malgré les reculs, une part de leur ancrage local demeure. Les commentaires des analystes politiques reconnaissent que les pertes de 2026 témoignent d'une dynamique complexe, entre alliances dépassées et réalignements électoraux.







