Dans une interview à Nouvel Obs, l'ex-candidat Horizons/Renaissance à la mairie de Paris, Pierre-Yves Bournazel, n'a pas mâché ses mots en qualifiant Rachida Dati de "problème" plutôt que de "solution". Bournazel, qui a fusionné sa liste avec celle de la droite, a suscité des réactions après sa décision de se retirer de la campagne, laissant place à des accusations de trahison de la part de Dati, qui a perdu au second tour.
En réponse aux critiques de Dati concernant son retrait "sans prévenir personne", Bournazel a réaffirmé son engagement à respecter ses valeurs. Il a déclaré : "J’ai refusé cette place pour être en cohérence avec mes engagements". Loin d'être conciliant, il a décrit Dati comme "incapable de tirer les leçons de sa défaite" et a exprimé son impatience face à son attitude, lui rappelant que la responsabilité de la défaite lui incombait.
Une personnalité clivante et agressive
Pour étayer son propos, Bournazel a souligné les occasions qu'aurait eues Dati pour réussir face à Emmanuel Grégoire, le candidat de la gauche unie. Malgré des circonstances favorables, telles que la réforme électorale PLM et un vote divisé à gauche, Dati n'a pas su faire pencher la balance en sa faveur. Bournazel a indiqué : "Elle a pourtant échoué pour la deuxième fois en deux élections municipales, faisant perdre l'alternance à Paris pour sept ans supplémentaires".
L'ancien candidat a également dénoncé la "personnalité clivante et agressive" de Dati, rappelant l'importance d'assumer les conséquences de ses choix, tout en ajoutant que Dati devra faire face à un procès pour corruption et trafic d'influence, des accusations qu'elle conteste.
La constitution d'un groupe d'opposition
Dans sa déclaration, Bournazel a aussi encouragé la nouvelle équipe dirigeante de Paris à prioriser des sujets sensibles, notamment les violences sexuelles dans les écoles. En parallèle, sa liste a formé un nouveau groupe d'opposition au Conseil de Paris, désigné "Paris apaisé", comprenant des figures illustres comme Florence Berthout et Marlène Schiappa. Ce groupe siégera à l'opposition de droite, face à Dati, dont la composition de son propre groupe reste à préciser.
La défaite de Dati a aussi permis à Emmanuel Grégoire et à sa coalition de remporter une victoire significative, avec 50,52 % des voix. Cette situation a vu le nombre de sièges de l'opposition diminuer, tandis que la majorité a gagné en solidité avec 103 sièges au total.
Le prochain Conseil de Paris, qui se tiendra ce dimanche, sera crucial, puisqu'il officialisera l'élection d'Emmanuel Grégoire et son nouvel exécutif.







