Mardi à l'Assemblée nationale, Laurent Nuñez a déclaré que le gouvernement envisageait des "poursuites pénales" à l'encontre des auteurs de déclarations controversées sur CNews concernant Bally Bagayoko, le nouveau maire LFI de Saint-Denis.
Qualifiant ces propos d'"ignobles" et "absolument inacceptables", le ministre de l'Intérieur a précisé que le gouvernement étudiait s'ils constituaient un "appel à la discrimination raciale" ou une "injure publique". "Le racisme, qui n'est pas une opinion, c'est un délit", a-t-il affirmé, insistant sur le caractère pénal de ces actes.
Laurent Nuñez a promis une évaluation approfondie des propos. "S'il doit y avoir poursuites, nous agirons en conséquence", a-t-il ajouté.
Sébastien Lecornu a contribué au débat en soulignant que la "banalisation du mal et du racisme doit être combattue avec force". Le Premier ministre a insisté sur la nécessité de rejeter toute forme de violence dans le discours public.
Élu dès le premier tour des élections municipales, Bally Bagayoko fait face depuis son entrée en fonction à une campagne de haine orchestrée par des groupes d'extrême droite sur les réseaux sociaux.
Un récent débat sur CNews a examiné les débuts de son mandat, où un psychologue a même dit que "l'homo sapiens" avait toujours eu besoin d'un chef pour établir l'autorité au sein de la tribu.
Réagissant aux déclarations, plusieurs élus LFI et des groupes antiracistes ont alerté l'Arcom, qui a décidé d'instruire les cas signalés. CNews, de son côté, a rejeté les accusations, plaidant qu'aucun propos raciste n'avait été tenu.
Le maire a prévu de déposer plainte et a appelé à un "grand rassemblement" contre le racisme le 4 avril prochain devant la mairie de Saint-Denis. De plus, le gouvernement a demandé au préfet de Seine-Saint-Denis de se porter partie civile lorsque la plainte sera déposée.







