Le tout premier immeuble imprimé en 3D en Europe, installé à Bezannes dans la Marne, est sur le point d'accueillir ses premiers locataires. Ce bâtiment, conçu et érigé en seulement 12 mois, propose des appartements « prêts à vivre » qui devraient être habités d'ici quelques semaines. Les habitants des alentours semblent déjà acclimatés à cette installlation avant-gardiste.
À l’approche du site, l’architecture se distingue par ses formes ondulées et sa façade texturée. Les espaces extérieurs sont méticuleusement entretenus, tandis que les murs intérieurs resplendissent dans leur blancheur, attendant d’être personnalisés par les occupants.
« C’est stylé ce béton brut et texturé »
Virgile et Enzo, deux jeunes résidents d'un immeuble voisin, expriment leur admiration pour cette construction atypique. « Je trouve ça très stylé, confie Virgile. Le béton brut et texturé est original et s'intègre bien dans le paysage moderne. » Pour Martine, habitant d’un autre quartier aux alentours, c’est l’avenir d'un secteur de la construction en pleine mutation qui l'intéresse. « Si cela rend le travail des ouvriers moins pénible, c'est une avancée », partage-t-elle.
Ce projet, réalisé par le bailleur social Plurial Novilia, marque un tournant dans la construction actuelle. Après un premier essai avec cinq maisons en trois dimensions, le nouveau bâtiment, baptisé « ViliaSprint 2 », a été officiellement présenté. Ce prototype dispose de douze logements dessinés pour répondre à une demande croissante. Ces appartements, variant du T2 de 52 m² au T4 de 86 m², ont été conçus pour offrir une surface habitable totale de 800 m².
Ce défi architectural a été rendu possible grâce à un béton à faible empreinte carbone spécialement conçu pour l’impression. La rapidité de réalisation est tout aussi impressionnante, avec le gros œuvre élévé en moins de 40 jours. Le groupe allemand Peri, équipé d'une imprimante 3D d'origine danoise, a été un acteur clé dans cette avancée. « Ce mode de construction représente une solution performante, avec des murs parfaitement isolés », souligne Jérôme Florentin, directeur chez Plurial Novilia. L’immeuble est aussi doté de panneaux solaires et d’un système de pompe à chaleur réunis pour assurer son autonomie énergétique à hauteur de 60 %.
Une révolution pour le gros œuvre
Un bâtiment traditionnel de 18 logements a été construit en parallèle pour évaluer les coûts. « Le bâtiment imprimé est 30 % plus cher qu’un modèle classique », indique Jérôme Florentin. Cependant, il précise que la technologie est en phase d’industrialisation, et l’objectif est désormais de prouver sa rentabilité économique. Les innovations à venir incluent des couches plus épaisses et un robot offrant une productivité doublée.
Cette évolution ne se limite pas seulement à la méthode de construction : « L’impression 3D élimine le transport de matériaux lourds, rendant le métier moins pénible », ajoute-t-il. Alors que traditionnellement huit personnes seraient requises pour un gros œuvre, seulement deux opérateurs suffiront pour cette technique, ce qui réduit aussi la durée de construction.
Fort de ce succès, Plurial Novilia envisage un nouveau programme de logements imprimés en 3D, avec un projet ambitieux de 50 logements à l’horizon 2027-2028 dans la région de Reims. Quant au « ViliaSprint 2 », il est prêt à ouvrir ses portes aux nouveaux habitants dans quelques semaines.







