Chaque année, la période de Pâques se révèle cruciale pour les artisans chocolatiers. Sous les chasses aux œufs et les présentations attrayantes, une organisation minutieuse s'organise des mois à l'avance. "Nous travaillons tout au long de l'année, accumulant du stock pour Pâques et Noël", souligne Michel Metz, PDG de la chocolaterie Rohan, une référence dans le secteur.
Avec près de 2 000 tonnes de chocolat transformées, Rohan se distingue parmi les leaders du marché. "Nous ne fabriquons pas le chocolat, nous le transformons", précise Metz, mettant en avant la spécificité de son entreprise.
Une entreprise familiale devenue incontournable
Fondée dans les années 1950 à Epfig, Rohan reste une société familiale. Bien que les produits soient largement consommés, le nom de l'entreprise reste souvent méconnu du grand public. Aujourd'hui, elle est présente dans 90 % des points de vente en France grâce à diverses marques distributrices, consolidant sa position comme "l'un des leaders incontestés du moulage creux en chocolat pour Pâques et Noël", selon Michel Metz.
La flambée historique du cacao
La saison 2025 a marqué un tournant significatif avec une montée des prix du cacao. "Nous avons constaté une augmentation d'environ 300 %", indique Metz, décrivant une situation sans précédent après plus de 40 années dans l'industrie. "Aujourd'hui, certains prix commencent à revenir à des niveaux acceptables, rappelant ceux de 2019-2020."
L'organisation des achats complique la situation, comme l'explique Metz : "Je m'approvisionne pour les 18 mois à venir. Un achat erroné peut entraîner des conséquences sur nos prix."
Cette flambée a inéluctablement affecté les prix des produits enrayant la confiance des consommateurs : "Les hausses étaient si importantes qu'elles ont considérablement influencé nos tarifs", confie le dirigeant, ajoutant qu'il observe une baisse de l'ordre de 8 à 8,7 % dans le secteur de l'enfance en 2025.
Une reprise encore fragile
Bien que les prix montrent des signes de stabilisation, des incertitudes demeurent. Les tensions géopolitiques et l'augmentation des frais de transport menacent encore le marché. "Si le pétrole grimpe, nous attendons clairement une hausse des frais de transport de nos importations de Côte d'Ivoire, ce qui va influer sur les prix. Récemment, j'ai déjà noté une légère remontée des tarifs", avertit Metz. Les chocolatiers tentent donc de regagner la confiance des consommateurs, devenus plus méfiants face aux fluctuations des prix.







