Des milliers de panneaux photovoltaïques sur des terres agricoles. Un projet d'implantation de 33 000 panneaux photovoltaïques pourrait voir le jour dans les communes de Rosnay, Germigny et Treslon. Après une enquête publique qui s'est terminée le 20 mars dernier, la décision d'autoriser ou non l'entreprise Akuo Energy à louer 40 hectares de parcelles agricoles repose désormais sur le préfet. Depuis que le permis de construire a été soumis en 2021, la colère monte parmi les résidents et élus locaux, qui expriment une opposition ferme.
"On va nous gâcher ça"
Mireille Chevalier, une habitante de Courcelles-Sapicourt, témoigne de son inquiétude face à la possibilité de voir des panneaux de 4,5 mètres de haut s'imposer dans le paysage qu'elle chéri. "On imagine ce que c'est... forcement on les verra", déplore-t-elle. Membre de l'association Terres et Patrimoines de Nos Villages, elle souligne l'impact dramatique que ces installations pourraient avoir sur la beauté naturelle des lieux qu'elle a adoptés.
"C'est loin d'être facile pour les agriculteurs"
Les préoccupations des riverains ne sont pas seulement esthétiques, mais aussi écologiques. Laurent Rogier, président de l'association précitée, évoque les conséquences sur la biodiversité et l'impact sur des terres encore productives. "On vient mettre des panneaux sur des champs qui permettent d'assurer notre alimentation", regrette-t-il. De leur côté, les agriculteurs, comme Pierre Lhotte, également maire de Branscourt, voient dans ce projet une opportunité financière face à la conjoncture difficile du secteur.: "Akuo Energy pourrait nous verser 1500 euros par hectare et par an, ce qui devient vital pour nous", explique-t-il.
Un projet "agrivoltaïque" contesté
Le concept d'agrivoltaïsme, qui vise à allier production d'énergie solaire et agriculture, suscite la méfiance. Les élus affirment que le projet est trompeur car les installations de panneaux nuiraient à la culture de céréales, se recentrant sur des cultures moins vitales pour la région. "Le décret de 2024 stipule que l'agriculture doit rester l'activité dominante sur ces terrains." s'insurge Stéphane Gombaud, maire de Treslon.
Les opposants notent également que le projet n'a pas d'utilité publique évidente, la production d'électricité étant destinée à alimenter le réseau Enedis pour environ 5 500 foyers. Bien qu'Akuo Energy affirme que seulement 3% des terres agricoles seraient affectées, la méfiance demeure. Les maires concernés préfèrent que les initiatives en faveur des énergies renouvelables se concentrent sur des espaces déjà artificialisés, tels que les toits ou les zones commerciales. Le préfet a désormais deux mois et demi pour rendre sa décision. La tension est palpable et le résultat selon de nombreux acteurs pourrait redéfinir le paysage de la région.







