La réforme de la justice criminelle présentée par Gérald Darmanin, ministre de la Justice, sera débattue ce lundi soir au Sénat. Cette initiative divise et suscite l'inquiétude parmi les avocats qui craignent une dérive vers une "justice de bureau".
Les avocats issus des 164 barreaux de France organisent une journée de mobilisation, baptisée "justice morte", le 13 avril, en réaction à ce projet de loi qui introduit une nouvelle procédure de "plaider-coupable". Cette mesure, censée réduire les délais de jugement, prévoit des procès plus courts, se déroulant sans témoins ni experts. Maître François-Xavier Lucas, bâtonnier du Val-de-Marne, a exprimé ses craintes sur Franceinfo en affirmant : "On se dirige vers une justice de bureau, avec une logique de l'aveu très préoccupante".
Les avocats estiment que cette réforme pourrait nuire à la qualité de la justice. Ils pointent du doigt le risque de jugement hâtif, susceptible de compromettre la défense des droits des accusés. En effet, le projet de loi a suscité de vives réactions dans le milieu juridique, certains experts allant jusqu’à dire que "la justice ne devrait jamais se faire à la vitesse de l’éclair sans prendre en compte toutes les nuances des affaires".
Face à cette opposition croissante, le barreau de Paris a également appelé à un rassemblement devant le Palais de Justice, pour souligner l'importance d'une justice qui préserve les droits de chacun. En soutenant cette mobilisation, de nombreux avocats espèrent faire entendre leur voix et influencer les décisions du législateur, dans un contexte où la justice est déjà mise à rude épreuve en France.







