Des élèves du lycée agricole de Wintzenheim, situé dans le Haut-Rhin, participent à une expérience scientifique fascinante. En cultivant des graines qui seront éventuellement envoyées à la Station spatiale internationale (ISS), ils explorent les répercussions de la lumière et de la micropesanteur sur la croissance des plantes.
Cette mission, intitulée Epsilon, a été marquée par le voyage de l’astronaute française Sophie Adenot, qui a décollé le 13 février dernier pour mener cette recherche. Avec des données cruciales sur l’effet de la gravité réduite sur la biologie des plantes, les scientifiques espèrent mieux comprendre les mécanismes de croissance.
Depuis décembre 2025, plusieurs lycées agricoles, dont celui de Wintzenheim, ont vu leurs élèves s'affairer pour faire pousser ces précieuses semences. Leurs efforts ont abouti à une récolte impressionnante de 3,7 millions de graines, un véritable exploit pour ces jeunes scientifiques en herbe.
Un élève en bac pro conduite de production horticole s'exprime avec enthousiasme : "C’est un grand projet pour nous, car ce sont nos semences qui iront dans l’espace !"
Une plante autoféconde
Les élèves expérimentent avec l’arabette des dames, connue scientifiquement sous le nom d'Arabidopsis thaliana. Cette plante annuelle, capable de s’autoféconder, a été choisie pour sa rapidité de culture. Estelle Bosvin, enseignante, explique : "Elle pousse rapidement, avec un cycle de croissance de seulement six à sept semaines, et a un excellent taux de germination."
Ces semences ne seront pas toutes expédiées à la station spatiale ; une partie sera conservée sur terre afin de permettre des comparaisons pertinentes. La mission ChlorISS vise à analyser comment les plantes se comportent dans différents environnements. Pendant que Sophie Adenot conduira des tests en apesanteur, les élèves reproduiront des expériences similaires sur terre, impliquant des milliers d’écoles à travers le pays.
Prévue pour avril, l'expédition des graines vers l'ISS marquera le début d'une aventure scientifique, mais aussi éducative. Le CNES (Centre National d'Études Spatiales) entend engager les jeunes dans les sciences spatiales. Une élève témoigne : "Ce projet m’a donné un nouveau regard sur la science". Ainsi, au-delà des découvertes scientifiques, cette initiative pourrait bien éveiller les vocations des futurs chercheurs français.
Reportage : Valentine Lecayon, Michaël Martin, Guillaume Rochais, France 3 Alsace







