Dans le Bas-Rhin, les infirmiers libéraux sont en pleine tourmente. Alors que le prix des carburants s’envole, ils réclament avec insistance une aide concrète de la part du gouvernement. La guerre au Moyen-Orient a des répercussions bien au-delà des frontières, notamment à la pompe, où les tarifs ont explosé. Bien que le gouvernement ait annoncé le 21 avril une aide spécifique pour les "travailleurs modestes grands rouleurs", les infirmiers libéraux se sentent laissés pour compte, tout comme l’a souligné France Info, sans bénéfices d'accompagnement malgré leur rôle crucial dans le système de santé.
"Je fais six à sept pleins par mois"
Amandine Kalck, infirmière libérale dans le secteur de Benfeld, fait face à cette crise au quotidien. "En ce moment, je n’ai que 41 patients par jour, mais cela peut atteindre 45. Mes tournées couvrent environ 80 à 90 km chaque jour", explique-t-elle. Avec les coûts croissants du carburant, elle estime que ses pertes mensuelles s’élèvent à 80 euros, un véritable coup dur pour son activité.
Faire un choix entre les patients ?
Cela l’amène à faire des choix difficiles : "On priorise les patients les plus en besoin, comme ceux suivant un traitement pour le diabète ou en chimiothérapie, et ceux ayant des soins moins urgents pourraient être laissés de côté", se lamente-t-elle. Pour Brigitte, l'une de ses patientes, c’est incompréhensible : "Il est injuste que le gouvernement ne prenne pas davantage en compte les soignants qui sont au service de tous".
Face à cette situation alarmante, la Fédération nationale des infirmiers (FNI) a exhorté les infirmiers à réduire les prises en charge post-hospitalisation. Michèle Gilg, infirmière libérale à Erstein et présidente de la FNI 67, explique : "Si nous ne pouvons pas prendre en charge ces patients à domicile, cela bloque des lits d’hôpital, ce qui pourrait coûter bien plus cher que les aides que nous réclamons".
Les infirmiers demandent à être exonérés de la TVA
Les infirmiers libéraux n’appellent pas seulement à une aide financière. "Nous demandons une exonération de la TVA sur le carburant, au même titre que d'autres professions qui bénéficient déjà de cette mesure", insiste Michèle Gilg. Elle invite la ministre de la Santé à venir sur le terrain pour mesurer l'impact de cette situation sur les soignants. "Nous sommes souvent applaudis, mais la reconnaissance doit se traduire par des actions concrètes".







