Au micro de Franceinfo le 2 mai, l’eurodéputée de La France insoumise (LFI) a fortement critiqué le soutien apporté par Sébastien Lecornu à un boulanger déjà verbalisé par les inspecteurs du travail, un acte jugé inacceptable lors du jour férié du 1er-Mai.
Manon Aubry a déclaré : "Est-ce normal dans notre pays que les lois soient ignorées par ceux qui sont censés les appliquer ? Le Premier ministre incite à les enfreindre plutôt qu'à assurer leur respect ?" Au cours de cette interview sur Franceinfo, elle a critiqué le fait que Sébastien Lecornu ait choisi de soutenir un patron de l’Isère, verbalisé pour avoir ouvert son commerce et fait travailler ses employés pendant le 1er-Mai.
Aubry, visiblement "sidérée", a ajouté que la situation équivalait à avoir "un Premier ministre délinquant", qui privilégie le soutien à des patrons ne respectant pas la loi plutôt que de défendre le travail des inspecteurs.
La Cour de Justice de la République saisie
Les discussions sur la législation du 1er-Mai se sont intensifiées ces dernières semaines, en réaction à une proposition de loi déposée en avril 2025 par Gabriel Attal et l’ensemble des membres de Renaissance. Cette loi viserait à permettre aux artisans d'ouvrir leurs commerces le 1er-Mai grâce au volontariat des employés.
Face à la résistance des partis de gauche, le gouvernement a semblé hésitant. Actuellement, bien que certains commerces comme boulangeries et fleuristes aient pu rester ouverts, cela ne s’applique finalement pas à leurs employés, selon Le Parisien.
Aubry suggère que la problématique ne réside pas dans l'ouverture de cette boulangerie, mais dans le recours à des employés. "Le boulanger aurait pu travailler seul sans enfreindre la loi," a-t-elle précisé.
Selon le cabinet du Premier ministre, la situation pourrait être aménagée si la preuve du volontariat des travailleurs et leur double rémunération étaient justifiées.
Manon Aubry a également annoncé que le parti LFI avait formellement saisi la Cour de Justice de la République le 1er mai, accusant Sébastien Lecornu de "tentative de faire échouer l’exécution de la loi". Cette juridiction est la seule habilitée à juger les ministres sous l’angle de leur fonction, les peines encourues s'élevant à 5 ans de prison et jusqu’à 75 000 euros d'amende.







