Le 1er mai, un boulanger de l'Isère a suscité une vive réaction après avoir été verbalisé lors d'une inspection du travail. Il a reçu un appel surprise du Premier ministre, qui lui a promis de trouver une "solution dans la loi" pour éviter toute sanction future.
La France Insoumise (LFI) a réagi avec vigueur, demandant la saisine de la Cour de justice de la République (CJR) contre Sébastien Lecornu, accusé de "tentative de faire échec à l’exécution de la loi". Cette interpellation fait suite à l'engagement du Premier ministre d’apporter son soutien à un boulanger qui avait ouvert son commerce le jour férié, une décision jugée délicate par certains observateurs.
Des vérifications menées sur les commerces ouverts n'ont révélé aucun incident majeur, a déclaré Lecornu lors d'une conférence de presse. "Nous n'avons jamais dit qu'il n'y aurait pas de contrôle", a-t-il ajouté, insistant sur l'importance des conditions de travail, notamment le volontariat des salariés.
« Solution dans la loi »
Lors de ces vérifications, un cas particulier a été traité en Isère, où le boulanger verbalisé a rapidement été mis en contact avec Lecornu, qui, à son tour, a interpellé le député LR Laurent Wauquiez. Le gouvernement a alors indiqué qu'une "solution dans la loi" serait trouvée, sans fournir plus de précisions sur la nature de cette démarche.
Les médias, comme BFMTV, rapportent que Lecornu a informé le boulanger que des sanctions n'étaient pas à craindre et que le traitement des poursuites serait assuré par ses services. Cela soulève cependant des questions sur le respect des règles établies.
Flou juridique
LFI considère cette situation comme une grave entrave à la loi. Dans une déclaration formelle, ils ont saisi le procureur général pour que cette affaire soit étudiée, arguant que toute tentative de rendre ambiguë l'exécution de la législation en vigueur pourrait avoir des conséquences juridiques sérieuses, y compris des peines de prison.
Selon le Code pénal, de telles actions par un représentant de l'autorité publique peuvent entraîner jusqu’à cinq ans d’emprisonnement. Cette affaire illustre le flou qui entoure les activités des commerces durant la fête du Travail. Bien que le gouvernement ait affirmé que certains commerces pouvaient rester ouverts, la législation actuelle interdisant l'emploi de personnel le 1er mai ne pourra être modifiée qu'à l'approche de l'édition 2027 de cette célébration.







