La Zone à faibles émissions (ZFE) de l'Eurométropole de Strasbourg pourrait vivre ses derniers jours. Une décision du Conseil constitutionnel sur le vote des députés pourrait sceller son destin. Quel que soit le verdict, l'Eurométropole envisage de réévaluer ce dispositif controversé qui, pour beaucoup, ne semble plus opérationnel.
Les véhicules disposant des vignettes Crit'air 4 et 5 seraient bientôt libres de circuler à nouveau dans les 33 communes de l'Eurométropole, selon Thibaud Philipps, le maire d'Illkirch-Graffenstaden. Ce dernier, également premier vice-président de l'Eurométropole chargé de l'urbanisme, a souligné que l'avenir des ZFE est actuellement en discussion à l'échelle nationale.
Une interdiction plus théorique que pratique
Il est évident que la seule ZFE existante en Alsace est d'ores et déjà ineffective. Selon Thibaud Philipps, "Depuis plusieurs mois, il est manifeste que la ZFE ne joue plus son rôle, car à part les panneaux signalétiques, il n'existe pas de contrôle sur le respect de cette réglementation." L'interdiction des véhicules Crit'air 4 et 5 semble désormais être plus une mesure symbolique que réelle, les automobilistes ne subissant aucune contrainte.
Si le Conseil valide le vote du 14 avril, la ZFE prendra fin. "Si la loi stipule la disparition de la ZFE, alors elle disparaîtra, mais cela n'exclut pas l'importance de la qualité de l'air, qui reste essentielle dans nos préoccupations," a-t-il ajouté.
La question de la qualité de l'air à nouveau sur la table
Indépendamment de l'issue de ce débat national, celle-ci permet de remettre en lumière la double problématique des mobilités et de l'écologie. Thibaud Philipps a mentionné, "Si ce n’est plus sous le paradigme de la ZFE, d'autres approches peuvent être envisagées. Il serait judicieux de rassembler à nouveau l'ensemble des maires de l'Eurométropole pour discuter de l'air que nous respirons."
Pour lui, il est primordial de ne pas interdire l'entrée de certains véhicules, même polluants, dans l'Eurométropole. Ses priorités résident davantage dans l'accompagnement des citoyens face aux transitions nécessaires. "Avec les crises actuelles, notamment au Moyen-Orient, les enjeux liés aux transports en commun seront cruciaux pour nos élus," conclut-il.







