Pendant l'hiver jusqu'au début du printemps, les agents de l'Office national des forêts (ONF) se chargent de couper et de débarder les arbres avant que la sève ne remonte. Cependant, dans les forêts meurtrie par la guerre, comme en Meuse, cette activité s'avère plus complexe.
Dans la forêt domaniale de Lachalade, qui s'étend sur 2800 hectares, le débardage est en cours. L'objectif est double : favoriser la régénération des forêts tout en assurant leur rentabilité économique.
Actuellement à la manœuvre, Denis Wenger, forestier aguerri avec 45 années d'expérience, s'emploie à débarder des troncs de hêtre à l'aide d'un débusqueur. "Il est crucial de préserver la végétation et d'éviter d'écorcer d'autres arbres. C'est un équilibre délicat, chaque détail compte", souligne-t-il avec un sourire.
Le débardage, une pratique essentielle
Alors que le travail forestier se poursuit tout au long de l'année, la période hivernale est primordiale pour le débardage. "En hiver, les arbres sont moins sensibles, car la sève est absente. Cela réduit les risques de dommages", précise Guillaume Rouard, responsable de l'unité territoriale ONF en Meuse. Bien que le bûcheronnage ait lieu toute l'année, l'hiver reste la saison clé.
Les vestiges de la guerre
La forêt de Meuse a une caractéristique singulière : elle se situe en zone rouge, là où les vestiges de la Première Guerre mondiale persistent. Les fortins et tranchées rappellent la brutalité de l'ancien champ de bataille. Pour protéger ces vestiges, des marquages spécifiques guident les débusqueurs. Guillaume Rouard explique les enjeux : "Nous utilisons un plan LIDAR, un laser aérien, pour évaluer les bouleversements du sol. Pendant la bataille de Verdun, 60 millions d'obus ont été tirés, laissant des marques indélébiles sur le terrain".
Les agents forestiers peuvent parfois découvrir des obus non explosés ou des éclats incrustés dans les troncs, témoignant d'une histoire encore présente. Chaque sortie en forêt confère un caractère unique à leur quotidien, loin des autres forêts de France.
Reportage : R. Elkaim / P. Thine / Y. Kreidl, France 3 Lorraine







