Après 78 jours de mobilisation intense, neuf salariées du salon de coiffure « Sabadou et Jade », sis au 65 boulevard de Strasbourg à Paris, ont mis un terme à leur occupation. En grève depuis le 3 mars, ces employées ont réussi à faire entendre leurs voix face à des conditions de travail qu'elles qualifiaient d’inacceptables, assimilées à des pratiques proches de la traite d’êtres humains.
Grâce au soutien indéfectible de la CGT, les coiffeuses et barbiers ont obtenu des titres de séjour temporaires d’un an, renouvelables pendant la durée de l’enquête judiciaire. Cette avancée fait écho à la loi sur l’immigration adoptée en janvier 2024, qui vise à protéger les victimes ou témoins de traite d’êtres humains coopérant avec les autorités.
De nombreuses employées sans papiers ont révélé qu'elles devaient verser jusqu’à 250 euros par mois à leur patron pour obtenir leurs fiches de paie, essentielles à une demande de régularisation. Une employée ivoirienne a notamment partagé son calvaire, évoquant des journées de travail dépassant les onze heures, six jours par semaine, pour un salaire à peine suffisant de 1.300 euros mensuels, dont une faible partie était officiellement déclarée. Le tribunal de commerce de Paris a ouvert la voie à la liquidation judiciaire de l’entreprise, tandis que l'UD CGT de Paris vise à faire reconnaître l’employeur coupable des faits de traite d’êtres humains.
Le syndicat a témoigné de sa fierté face à la « détermination sans faille » des grévistes, et a également salué la mobilisation significative des riverains, des associations, ainsi que le soutien d'élus locaux et de personnalités politiques qui se sont unis à leur cause. Cette lutte est un symbole fort des combats menés pour la justice sociale et des droits des travailleurs en France.







