À l'approche de la fin de l'enquête publique, dimanche 24 mai, des collectifs écologistes et citoyens organisent un "pique-nique contre le Campus IA" à Champeaux, à proximité de Fouju. Cet événement s'inscrit dans le cadre du "Printemps des luttes locales" et a lieu quelques jours avant la clôture de l'enquête publique, prévue le 30 mai. Les participants se réuniront pour prendre la parole, réaliser des balades naturalistes, participer à des ateliers, et partager un repas, le tout pour exprimer leur opposition à la construction du futur Campus IA, décrit comme le plus grand complexe de data centers d'Europe.
Le maire de Fouju, Jonathan Wochenmayer, a toutefois pris un arrêté municipal pour interdire ce rassemblement au parc communal des Prés-Hauts. Dans ce document publié le 21 mai, il évoque des risques de troubles à l'ordre public, la gêne occasionnée pour les riverains, et d'éventuelles difficultés de circulation, justifiant ainsi sa décision. Les collectifs d'opposants rétorquent que leur action est pacifiste et fondée sur une défense légitime de l'environnement. L'élu, qui soutient le Projet Campus IA, met en avant les bénéfices économiques qu'il pourrait apporter à la commune, notamment en termes d'emplois et de fiscalité.
Ce gigantic projet prévoit d'implanter sur environ 90 hectares de terres agricoles un vaste complexe dédié à l'intelligence artificielle et au stockage de données numériques. Il comprendra onze bâtiments de data centers, un centre de formation et plus de 600 groupes électrogènes, le tout à proximité de Fouju. Soutenu par des entreprises comme Nvidia et Mistral AI, ce Campus IA est présenté par ses promoteurs comme un projet stratégique pour renforcer la souveraineté numérique de la France. Cependant, plusieurs associations environnementales, syndicats et agriculteurs mettent en garde contre les dangers que représente un projet qualifié de "hors norme". Ils soulignent les conséquences d'une urbanisation des terres agricoles, la consommation d'énergie qui pourrait rivaliser avec celle d'un réacteur nucléaire, et les risques de pollution associés à l'utilisation de fluides réfrigérants nocifs, souvent qualifiés de "polluants éternels".
Malgré ces inquiétudes, les défenseurs du Campus IA plaident pour les avantages économiques de ce projet et la promesse de la création de plusieurs centaines d'emplois dans la région.
Le public est rappelé que l'enquête publique concernant ce projet prendra fin le 30 mai, une date cruciale pour les opposants qui tentent d'alerter l'opinion sur les enjeux en jeu.







