Le minéralier Bonneval a décidé d'agir en justice contre les autorisations accordées à Nestlé Waters pour ses marques Perrier, Hépar et Contrex, sur fond de contamination inquiétante. En effet, des millions de bouteilles ont récemment été détruites ou mises sur hold après que des bactéries pathogènes y ont été retrouvées, comme le révèle la cellule d'investigation de Radio France.
Il y a deux mois, Nestlé Waters tentait de redorer son image en conviant les médias à une visite de son usine Perrier, mais la situation s'est dégradée depuis. Près de trois millions de bouteilles, provenant du site de Vergèze, ont été à ce jour détruites ou bloquées. Les experts pointent du doigt la présence de bactéries coliformes et d'autres agents potentiellement nocifs.
Des contaminations à répétition dans l’usine Perrier
Fin janvier, la destruction de 401 palettes a été effectuée suite à la détection de bactéries coliformes, compromettant la santé publique. Une semaine plus tard, encore plus de 200.000 bouteilles en plastique ont été éliminées en raison de Pseudomonas aeruginosa, une bactérie pouvant causer de graves infections parmi les populations à risque. Ces événements font partie d’un bilan alarmant, révélant près de 900.000 bouteilles anéanties depuis juillet dernier.
En dépit de la destruction de millions de bouteilles, des décisions de « déblocage » ont été prises par les autorités, permettant la commercialisation de lots contenant des bactéries pathogènes à plusieurs reprises. L’Agence régionale de santé d’Occitanie a affirmé que les produits concernés avaient passé des contrôles ultérieurs, mais questionne la stratégie de Nestlé concernant la gestion des risques sanitaires.
Doutes sur la qualité des sources Perrier
Cette situation soulève des incertitudes quant à la qualité des eaux exploitées par Nestlé. Des difficultés lors des contrôles inopinés ont été signalées, notamment des délais d'attente allant jusqu’à 45 minutes, mettant en lumière des possibles manquements dans le protocole de sécurité.
Le groupe Bonneval saisit les tribunaux administratifs
Face à cette crise, le groupe Bonneval a décidé de porter le litige devant les tribunaux administratifs, critiquant les traitements imposés à l'eau de Nestlé. Les filtres de microfiltration à 0,45 micron utilisés seraient en contradiction avec la réglementation, qui stipule que l’eau minérale doit être pure à la source. Selon David Merle, directeur général de Bonneval, ces procédés équivalent à une désinfection partielle, ce qui pourrait aggraver les risques sanitaires.
La filière des eaux minérales se mobilise
De plus, la Maison des Eaux Minérales Naturelles a adressé un courrier à la ministre de la Santé, soulevant la question sur la validité des autorisations accordées à Nestlé, tout en critiquant la microfiltration comme traitement préventif inapproprié.
Des pressions environnementales sur Nestlé
Dernièrement, Nestlé a également été mis en demeure pour des rejets polluants excessifs dans la station d'épuration de son site de Vergèze. Les résultats indiquent des concentrations de polluants dépassant largement les seuils réglementaires. Le préfet a exprimé ses préoccupations, tandis que la direction de l’entreprise peine à respecter les normes fixées pour ses opérations.
Face à ces défis, Nestlé Waters a déclaré que tous les produits commercialisés sont sûrs, mais n’a pas répondu aux préoccupations soulevées par les journalistes. La situation reste donc tendue, et l’avenir des pratiques de production dans le secteur des eaux minérales pourrait s'avérer en jeu.







