À Bry-sur-Marne, dans le Val-de-Marne, des incertitudes entourent des bruits de prières islamiques entendus par de nombreux habitants, suscitant une vague de mécontentement. Le maire, Charles Aslangul, a alerté la préfecture le mercredi 27 mai, soulignant que les résidents ne devraient pas être contraints d'entendre ces offices religieux depuis leur domicile.
Les témoignages varient : certains rapportent des haut-parleurs fixes ressemblant à ceux utilisés par les muezzins des minarets, tandis que d'autres décrivent des dispositifs mobiles, semblables à ceux d'un cirque itinérant. Mais le constat est partagé : le bruit était insupportable. Aslangul a rapporté avoir reçu un grand nombre d'appels et de courriels de protestations, affirmant "Cela fait 37 ans que j’habite Bry-sur-Marne. On n’avait jamais entendu ça".
Le bruit a particulièrement perturbé le matin du 27 mai, lors de l'Aïd el-Kébir, une fête majeure dans l'islam. Stéphanie, habitante de la commune, a partagé son expérience avec stupéfaction sur la plateforme Voisins Vigilants et Solidaires, et a remarqué qu'elle n'était pas la seule à se sentir dérangée. "Je suis pour la liberté de culte, mais il ne faut pas exagérer. Ça doit se faire dans l’enceinte privée" a-t-elle déclaré.
Le maire partage cette opinion, ajoutant : "La République garantit le libre exercice du culte, quelle qu’en soit la forme, mais elle n’autorise pas à envahir les espaces publics avec une sonorité religieuse qui devrait rester privée. C’est intolérable. [...] Les habitants de nos communes ne devraient pas subir ces offices religieux contre leur gré". Il a également noté que le volume était réglé de manière excessive, au point que presque "tout Bry" ainsi que des villes voisines comme Villiers-sur-Marne et Champigny-sur-Marne en ont souffert.
Interrogée, la mosquée Sahaba à Créteil, dont le recteur est responsable du Rassemblement des associations musulmanes du Val-de-Marne, a choisi de ne pas commenter la situation. "On débat d'allégations sans fondement. Aucun enregistrement ou vidéo n’a été fourni" a déclaré un porte-parole.
Après avoir alerté la préfecture, le maire dresse un constat préoccupant : bien qu'il ait le pouvoir de police et la compétence pour saisir les autorités judiciaires, la préfecture a un rôle limité et ne peut que rappeler à l'ordre. D'après la législation actuelle, les événements religieux doivent respecter les normes de tranquillité et de voisinage, un principe confirmé par la Cour de cassation dans une décision de 2015.







