L'essentiel
- La France subit une canicule inattendue, affectant plus particulièrement les personnes vulnérables.
- Les individus atteints de troubles psychiques doivent être particulièrement vigilants en raison de la réaction de leurs médicaments à la chaleur.
- Ces traitements peuvent provoquer des déshydratations et affecter la thermorégulation de l’organisme.
La France est actuellement en proie à une vague de chaleur soudaine, avec des températures anormalement élevées qui soulèvent des préoccupations. Les autorités en alertent tout particulièrement les personnes âgées, les jeunes enfants et les femmes enceintes, mais une autre catégorie de la population, à savoir ceux souffrant de troubles psychiques, reste souvent ignorée comme l'indiquent plusieurs sources locales.
Des médicaments tels que les antidépresseurs, les stabilisateurs de l’humeur comme le lithium et les antipsychotiques montrent une réaction moins favorable aux températures élevées, un enjeu de santé publique croissant dans un contexte de chaleur extrême selon les experts du climat.
Un risque accru de déshydratation
Le docteur David Masson, psychiatre du Centre Psychothérapique de Nancy, met en garde contre la sensibilité des médicaments antipsychotiques à la chaleur. "Ces médicaments agissent sur la dopamine et perturbent les mécanismes de chaleur du corps", explique-t-il, ajoutant que cela pourrait amener à une hydratation insuffisante. La fatigue et d'autres effets secondaires pourraient être exacerbé dans ces conditions.
Le lithium, souvent prescrit pour les troubles bipolaires, est une autre préoccupation. Selon Hugo Baup, psychiatre hospitalier, "son efficacité est conditionnée par un dosage sanguin précis qui dépend de l’hydratation, rendant les patients plus susceptibles au surdosage lorsque déshydratés".
Antidépresseurs et chaleur
Les antidépresseurs ne sont pas en reste. Certains d'entre eux augmentent la transpiration tout en diminuant la perception de la soif, favorisant ainsi la déshydratation, tandis que d'autres, comme les tricycliques, peuvent limiter la transpiration et accroître les risques de coup de chaleur. Des effets indésirables tels que la sensibilité au soleil sont également à surveiller (informe le docteur Baup).
Diminution d'efficacité observée
La chaleur pourrait même réduire l’efficacité de ces traitements. "Il est complexe de discerner si c'est le médicament lui-même qui devient moins efficace ou si c'est simplement un facteur environnemental agissant sur l'état mental", nuance Hugo Baup. L'impact du changement climatique sur la santé mentale n'est plus à prouver, exacerbant l'anxiété, la dépression et augmentant le risque suicidaire .
Conseils pour la gestion des traitements
Il est impératif de ne pas arrêter les traitements sans avis médical même durant une canicule. Le docteur Masson évoque des signes d'alerte tels qu'une fatigue intense ou des vertiges, nécessitant une évaluation médicale. Dans la plupart des cas, les changements ne sont nécessaires que pour les individus polymédiqués ou ayant des comorbidités.
Les recommandations incluent une hydratation régulière, éviter les expositions prolongées au soleil, ralentir le rythme de vie et, si possible, rester dans des espaces climatisés sans attendre d'avoir soif. Cela peut représenter un défi supplémentaire pour les personnes confrontées à des troubles psychiques, souvent en situation de vulnérabilité.







