Depuis le 2 juin dernier, la petite commune de Harprich, située dans le nord de Morhange, est confrontée à un visiteur inattendu : un vautour fauve, un oiseau plus habitué aux paysages du sud de la France. Aperçu pour la première fois au bord de l’étang de Lindre, ce rapace a trouvé refuge au sein d’une colonie de cigognes, déjà en période de nidification.
Les habitants, témoins privilégiés de ce spectacle tragique, ne cessent d’exprimer leur désarroi. "Il s’est installé dans le nid, et j’ai vu le massacre sous mes yeux", explique Jérôme, résidant à proximité. Ce dernier, armé de ses jumelles, a observé les attaques du vautour, qui a déjà décimé plusieurs nids de cigogneaux. "Leurs cadavres sont là, et nous sommes impuissants face à cette scène", ajoute-t-il.
Les résidents appellent à l'aide alors que la situation semble désespérée. "Pourquoi ne pas l’éloigner?" s’interroge Sophie, voisine des nids. "On se demande si ce vautour n’attaquera pas nos animaux domestiques par la suite. C'est dramatique!"
Une espèce protégée face à l'angoisse des habitants
Pourtant, tous ne partagent pas ce même chagrin. Certains habitants, agacés par le bruit constant des cigognes, accueillent la venue du vautour avec ironie. "J'ai d'abord pensé que c'était une blague", se souvient Céline Beitz, la maire de la commune. Cependant, concédant la nature protégée du vautour, elle se retrouve dans l’impossibilité d’intervenir. "C’est un animal sauvage, il n’y a donc pas grand-chose que nous puissions faire. Nous nous sentons totalement démunis", précise-t-elle.
Alexandre Portmann, directeur d'un centre de sauvegarde pour la faune, rassure : "les vautours fauves ne sont pas rares en Lorraine. Ils se déplacent souvent vers de nouvelles zones en quête de nourriture lors des périodes de reproduction. Cela est tout à fait normal, bien que regrettable pour les cigognes."
Des solutions controversées pour éloigner le prédateur
Néanmoins, la peur est bien présente. "Le seul moyen de protéger les nids serait de donner à manger au vautour", avance Dominique Klein, un observateur passionné. "En attirant le rapace vers un autre endroit avec de la nourriture, il pourrait choisir de ne plus attaquer les vivants dans le voisinage." Reste à voir si les riverains, déjà affligés par les pertes, pourront envisager un tel compromis.
En attendant, les riverains ont recours à des méthodes peu conventionnelles pour éloigner le vautour, comme l'utilisation de pétards, malgré le risque juridique d'intervention sur un animal protégé. La Ligue de protection des oiseaux ne peut se résoudre à conseiller des actions contre le vautour.







