Des paroles chantées par des drag queens lors de la Marche des fiertés de Saint-Quentin ont provoqué une onde de choc parmi la population. Le député Eddy Casterman, du parti Identités-Libertés, a saisi le procureur de la République à la suite de cette performance.
Au lendemain du décès de Lyhanna, qui a ravivé une colère palpable chez de nombreux parents, les paroles mentionnant « j’aime en secret tripoter mon fils », interprétées le 6 juin par une drag queen en latex, ont créé une véritable polémique. Le spectacle, soutenu par la municipalité et la préfecture dans le cadre de la Marche des fiertés, a rapidement suscité de vives réactions sur les réseaux sociaux.
L'association LGBTQIA+ Fier.es & Queer de Saint-Quentin a rapidement défendu cette performance, qualifiant le morceau, intitulé J’aime mon pays et créé par le duo Sexy Sushi en 2013, de satire. Selon les porte-paroles de l'association, ce texte met en scène des caricatures de figures conservatrices qui abusent de leur croyance pour justifier leurs actions. Ils affirment que cette œuvre vise à dénoncer plutôt qu'à promouvoir.
Le débat semble dépasser le seul aspect artistique. Pour les critiques, la question centrale est la pertinence de ce contenu face à une audience incluant des enfants. Eddy Casterman a exprimé son indignation : « Peu importe le second degré, dans un tel contexte, nous ne pouvons pas tolérer ce qui pourrait être perçu comme de l'apologie de la pédophilie ». Il a ainsi déposé une plainte pour « apologie de la pédophilie et corruption de mineur ».
« J’aime en secret tripoter mon fils » — les paroles omises ont choqué un public vulnérable.
« On veut juste défendre nos enfants »
L’association Fier.es & Queer ne se limite pas à l’organisation de spectacles; elle intervient également dans des établissements scolaires après avoir reçu l’agrément du rectorat. Ce soutien ne passe pas inaperçu. Casterman a également écrit au ministre de l’Éducation pour demander la révocation de cet agrément, affirmant que l’association ne doit pas intervenir en milieu scolaire. « On veut juste défendre nos enfants. Ce sujet est bien trop sérieux pour être traité avec légèreté », a-t-il déclaré.
Séverine Duminy, coordinatrice du réseau Parents vigilants, a également réagi, ajoutant qu’ils avaient manifesté précédemment contre la présence de cette association dans les collèges de l’Aisne, jugée choquante.
Frédérique Macarez, maire LR de Saint-Quentin, qui a soutenu le spectacle, défend la liberté de manifester, considérée comme un droit fondamental. Elle reconnaît que les paroles ne sont peut-être pas de bon goût, mais accuse ceux qui s'indignent d'utiliser la polémique pour détourner le débat sur les droits des enfants et des minorités.
Cette controverse ne fait que s’ajouter à une série de débats similaires à travers la France concernant la place des drag queens dans des espaces éducatifs ou culturels. Des manifestations ont eu lieu à Paris et à Bordeaux pour dénoncer des événements similaires, montrant que la question de l'acceptation des drag queens dans l'espace public est encore loin d'être résolue.







