Le cœur de Marseille traverse une période complexe. Avec le départ des Galeries Lafayette, suivi de la fermeture imminente de Nature et Découvertes, le Centre Bourse est forcé de revoir son offre, penchant vers des enseignes low-cost. Ce changement arrive alors que de nombreuses boutiques, autrefois fréquentées, voient leur clientèle s'éroder.
Les statistiques ne mentent pas : Klépierre, gestionnaire de la majorité des 39 000 mètres carrés du Centre Bourse, commence à intégrer des enseignes telles que Lidl, Normal et Action afin d’attirer une clientèle cherchant des prix abordables. Ces nouvelles arrivées ont conduit à une légère hausse de la fréquentation, même si cela ne se traduit pas toujours par une augmentation directe des revenus des commerces classiques.
Une coiffeuse du centre témoigne : "Le samedi, cela va mieux, mais en semaine, c'est le désert. Les loyers à 6000 euros par mois rendent la situation intenable." De son côté, Khader, un habitant du secteur, explique sa préférence pour les enseignes low-cost : "Ici, c’est moins cher et il y a du choix, surtout pour ceux qui vivent avec un budget restreint." Cela reflète une tendance plus large, où de nombreux marseillais s'orientent vers internet pour leurs achats, aggravant la crise des petits commerces.
Un besoin urgent d'innovation
Les enseignements d'une étude menée par la Chambre de Commerce et d'Industrie Marseille Provence révèlent que l'encombrement des commerces en périphérie a affaibli l'attractivité du centre-ville. Bernard Marty, vice-président de la CCI, affirme que la solution ne réside pas uniquement dans l'augmentation d'enseignes low-cost : "Nous devons explorer d'autres voies, comme transformer le Centre Bourse en un pôle judiciaire, afin de redynamiser le secteur." Cependant, cette vision se heurte à des propositions divergentes concernant la réutilisation des espaces vacants.
Le projet de la mairie de Marseille de racheter les Galeries Lafayette pour en faire un centre culturel et scientifique pourrait être une alternative prometteuse à long terme. Mais pour l'instant, les enseignes à petit prix paraissent être la réponse immédiate aux défis que rencontre le quartier, et un nouvel équilibre reste à trouver.







