Swap Food, pionnier dans le domaine des substituts de viande, a connu une chute brutale de son activité, se retrouvant en liquidation judiciaire. Le fondateur Hervé Salomon a révélé que la lenteur de l'adoption du marché a eu un impact direct sur l'avenir de l'entreprise, entraînant la perte de 66 emplois, y compris ceux d'anciens travailleurs de l'usine de Duppigheim, fermée en 2021.
Créée il y a six ans sous le nom d'Umiami, cette entreprise misait sur une innovation technologique permettant de produire des substituts de poulet à partir de protéines de soja et de levures. Malgré les 100 millions d'euros levés, qui incluent deux tiers en capital et un tiers en dette, le marché s'est avéré peu réceptif. "La tendance est à la croissance pour l'alimentation végétale, mais le rythme est plus lent que prévu", a déclaré M. Salomon.
Croissance trop lente
Avec des prix moyens de 20 euros le kilo pour ses produits, Swap Food a souffert de la concurrence avec des viandes traditionnelles dont le prix s'est stabilisé. Les substituts de viande, représentant moins de 2% du marché français, n’arrivent pas à percer malgré un chiffre d'affaires prévisionnel de 2 millions d'euros pour 2025. L'espoir de trouver un partenaire industriel a été brisé après que des discussions prometteuses ont échoué, précipitant la liquidité de l'entreprise.
Un marché en croissance en France
Le marché français des substituts de viande, malgré ses difficultés, montre des signes de robustesse. Selon une étude du Good Food Institute Europe, les ventes de produits végétaux ont augmenté de 16,8% en volume entre 2024 et 2025, bien qu'elles demeurent limitées à une niche de 171 millions d'euros au total. En revanche, des acteurs comme Beyond Meat ont subi des pertes alarmantes, exemptant la France d'une partie de cette crise éternelle qui touche l'industrie aux États-Unis.
En somme, l'histoire de Swap Food est révélatrice des défis que doivent relever les entrepreneurs de ce secteur en pleine évolution. Si les consommateurs semblent de plus en plus intéressés par des options alternatives, la route vers une adoption massive est encore semée d'embûches.







