La Coupe du monde de football débute ce soir en Amérique du Nord. En attendant le match des Bleus mardi contre le Sénégal, les supporters se préparent pour l'événement.
En Alsace, comme dans tout le pays, les procureurs sont confrontés à un défi de taille : réexaminer tous les dossiers de viols et d'agressions sexuelles sur mineurs avant le 14 juillet. Suite au tragique meurtre de la jeune Lyhanna, qui a mis en lumière les lacunes du système judiciaire, le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, a convoqué des procureurs ce lundi 8 juin pour identifier les affaires à risque qui auraient pu échapper à la vigilance.
Ils disposent de moins d'un mois pour rouvrir 70 000 dossiers à travers la France. Une tâche presque insurmontable, selon la procureure de Strasbourg, Clarisse Taron. "Avec le délai imparti, rouvrir ces dossiers est réalisable, mais les traiter sera très compliqué en raison des effectifs actuellement restreints dans le parquet, ainsi que des services d’enquête de police et de gendarmerie."
Des milliers de dossiers à trier
Les magistrats doivent, dans un temps limité, rattraper des centaines de procédures encore non enregistrées ou en attente de traitement. "Ça va être extrêmement difficile," alerte Clarisse Taron. Ils devront d’abord passer au crible 3 300 procédures pour déterminer le nombre d'affaires relatives à des violences sexuelles contre des mineurs : "Il y en aura sans doute plusieurs centaines." Ces dossiers s’ajouteront à ceux déjà en cours de traitement.
Des magistrats renoncent à leurs congés
Face à l’urgence, certains magistrats ont déjà renoncé à leurs congés et autres formations pour soutenir les trois magistrats en charge des violences sur mineurs. "Si nous sacrifice notre sommeil, nous pourrions traiter une part de ces affaires, mais cela signifie que d'autres sujets tout aussi importants, comme les violences intrafamiliales ou le narcotrafic, resteront en souffrance," se lamentait-elle.
“Ce drame absolu peut arriver à Strasbourg demain”
L’affaire Lyhanna a révélé non seulement les défaillances du système judiciaire, mais aussi une insuffisance de moyens et de personnel dans les parquets. "Nos voisins allemands disposent de quatre à six fois plus de magistrats par parquet que nous," souligne Clarisse Taron. Selon une enquête de la Commission européenne, la France compte actuellement 3 magistrats pour 100 000 habitants, alors que la moyenne européenne est de 14,5. "Depuis 40 ans, j’exprime cette réalité sans être entendue. Ce drame pourrait se reproduire à Strasbourg demain," alerte-t-elle.







