La FSU-SNUIpp 54, syndicat enseignant du premier degré, a récemment adressé une lettre ouverte au Directeur académique des services de l'Éducation nationale (DASEN) en Meurthe-et-Moselle. Dans ce document, il dénonce une augmentation inquiétante des actes de violence à l'égard des professeurs des écoles et des Accompagnants d'Élèves en Situation de Handicap (AESH).
La situation semble de plus en plus critique. En effet, entre septembre et décembre 2024, 73 signalements de violences ont été enregistrés dans le Registre Santé et Sécurité au Travail (RSST), contre 173 l'année précédente. Anne Hautenauve, co-secrétaire départementale de la FSU-SNUipp 54, cite un incident récent : "L'élève m'a agressé pour sortir de la classe, m'infligeant des coups violents aux bras et au thorax, avec des tentatives d'atteinte au visage, laissant des marques de griffures sur mon cou." Un autre enseignant a rapporté qu'un élève lui avait craché au visage, l'avait mordu, et avait également frappé d'autres élèves. "On pourrait vous en fournir malheureusement des dizaines d'autres du même ordre", a ajouté Hautenauve.
Un appel à la mobilisation
Mathilde Jouffroy, également co-secrétaire du SNUIpp, souligne l'épuisement croissant des enseignants face à cette violence. "Le dernier recours pour beaucoup est de se mettre en arrêt maladie. De plus en plus de collègues envisagent de quitter leur emploi", indique-t-elle. Ce phénomène est particulièrement prévalent chez les jeunes enseignants qui constatent une dégradation du climat scolaire.
Les responsables syndicaux estiment que la situation doit être prise au sérieux. "Nous discutons régulièrement avec le DASEN de ces problématiques, mais nous avons l'impression de ne pas être toujours entendus. C'est très préoccupant", déplore Hautenauve. Les réponses officielles semblent souvent minimiser la gravité des incidents, en attribuant l'augmentation des fiches SST à une meilleure sensibilisation des enseignants, une affirmation qui, selon elle, ne couvre pas la réalité.
Pour documenter ce phénomène, le SNUIpp invite les enseignants à participer à une enquête flash sur les actes de violence, afin de quantifier ce phénomène préoccupant. ICI Lorraine a tenté de contacter le rectorat de Nancy-Metz pour obtenir des commentaires, mais sans succès pour le moment.
Cette situation met en lumière la nécessité d'un dialogue ouvert et urgent entre les autorités éducatives et les syndicats afin de trouver des solutions durables pour assurer la sécurité et le bien-être des enseignants et des élèves dans les établissements scolaires.







