Florence Bergeaud-Blackler relaxée : un jugement emblématique
Dans une décision marquante, l'anthropologue Florence Bergeaud-Blackler, connue pour ses travaux sur l'infiltration des Frères musulmans dans le milieu académique français, a été relaxée jeudi par le tribunal judiciaire de Strasbourg. Cet épilogue d’un procès en diffamation engagé par la doctorante Imane El Feki fait résonner des préoccupations plus larges concernant l'intégration de l'idéologie islamiste au sein des universités.
Le litige trouve son origine dans des propos tenus par Bergeaud-Blackler sur le réseau social X en mars 2025, où elle dénonçait ce qu'elle qualifie d'« islamisation de la connaissance » dans les établissements universitaires. Elle affirmait que « l’idéologie frériste s’est installée dans les universités progressivement depuis trente ans », ce qui a suscité l'ire de la plaignante.
Berkheoud-Blackler a ciblé El Feki, qui mène des recherches en sociologie sur la prévention de la radicalisation, notamment en lien avec les services pénitentiaires du Grand-Est. L'étudiante, qui souligne l'importance des « dispositifs religieux » dans le suivi des personnes radicalisées après leur libération, est également remarquée pour ses opinions exprimées sur des plateformes sociales où elle partage des textes d'auteurs comme Rima Hassan.
Bien que n’étant pas éligible à la protection fonctionnelle, c'est-à-dire que ses frais de justice n'étaient pas pris en charge par l'État, El Feki a reçu le soutien financier de l'Université de Strasbourg, comme cela a été révélé par un courrier de sa présidente, Frédérique Berrod. Cette dernière a même fait part aux instances concernées, dont le CNRS, de ses préoccupations face aux écrits de Bergeaud-Blackler.
Dans son jugement, le tribunal a rejeté la plainte pour défaut de précision dans la citation des passages contestés. L'avocat de Bergeaud-Blackler, Me Louis Cailliez, a salué le verdict en affirmant que le tribunal avait fait preuve d'objectivité, cherchant à garantir la liberté d'expression d'un travail « courageux et salutaire ». Cette affaire alimente un débat qui va bien au-delà des murs de l'université et questionne la position de l'université face à l'influence des idéologies extrêmes.







