Avec le coup d'envoi de la Coupe du monde de football, certaines femmes redoutent l'alourdissement de leur charge mentale. Gérer les enfants et les responsabilités domestiques pendant que leur partenaire est absorbé par le match pousse même certaines à souhaiter une élimination rapide de l'équipe tricolore. Marie Vialaret, présidente de l'association "T’as pensé à" et créatrice du compte Instagram du même nom, l'a constaté.
Marie Vialaret évoque la Coupe du monde comme un foyer à comportements sexistes, comme le souligne le Huffpost. "Beaucoup d’hommes semblent se sentir libérés de leurs rôles de partenaires ou de parents lorsqu'un événement sportif majeur se déroule", explique-t-elle. Une étude de l'INSEE date de 2010 et révèle que les femmes consacrent en moyenne 1h30 de plus par jour aux tâches ménagères que leurs homologues masculins. Cependant, les événements sportifs tendent à exacerber cette disparité.
Pour appuyer son constat, Marie Vialaret a sollicité le témoignage de ses plus de 200 000 abonnés, révélant ainsi une réalité pour le moins inquiétante. "Nous sommes nombreuses à subir l'impact des événements sportifs sur notre charge mentale", déclare-t-elle. Les retours qu'elle a reçus sont saisissants. Par exemple, une abonnée évoque un époux devenant père démissionnaire pour ne pas rater un match : "Il a refusé d'aller chercher l'un de nos enfants à un anniversaire, car il devait regarder le football. J'ai dû gérer la situation seule avec d'autres parents."
Des pères et des conjoints absents
"Un jour, mon mari m'a demandé si je serai rentrée à temps pour qu'il puisse suivre son match sans être dérangé par notre fils de 3 mois", partage une autre abonnée. Elle a même dû annuler un rendez-vous médical pour sa rééducation postnatale afin que son enfant bénéficie de l'attention nécessaire durant le match. "C'est toujours madame qui doit s'ajuster pour que monsieur puisse regarder le match tranquillement", déplore Marie Vialaret, qui souligne également l'histoire d'une femme contrainte d'appeler les pompiers pour se rendre à l'hôpital après avoir perdu les eaux, car son mari ne voulait pas manquer un match crucial.
Marie Vialaret critique aussi les moqueries sur les réseaux sociaux autour de ce sujet. "Si vous voulez profiter de nous, c’est maintenant ! Après, on n’existe plus !", a ironisé un créateur de contenu sur TikTok quelques semaines avant le début de la compétition. Un discours repris par de nombreux hommes, mais également par certaines femmes. "Nous nous préparons à ce que les hommes soient complètement indisponibles durant cet événement", conclut-elle. Si elle n'attaque pas l'humour, elle trouve que cela illustre une réalité préoccupante.







