Un nombre alarmant de femmes en France, plus de 40%, révèlent avoir subi des violences durant des consultations médicales, selon une enquête récente de l'association StopVOG. Cette étude, fondée sur les réponses de 10 152 personnes, aborde des situations inquiétantes comme le manque de consentement éclairé, les douleurs ignorées, et des procédures non conformes aux recommandations.
« Les atteintes au consentement sont d'une ampleur inacceptable, se plaçant au cœur des violences sexistes en matière de santé », affirme l'association dans son rapport. Cette enquête se base sur des témoignages obtenus entre juillet et décembre 2025, bien qu'elle ne prétende pas être représentative de l'ensemble des cas en France. Les chercheurs de l'INED et du CNRS ont offert leur soutien à cette recherche.
Les résultats sont saisissants : 45,1 % des femmes interrogées admettent avoir subi des violences gynécologiques ou obstétricales. Parmi celles-ci, 28,7 % évoquent des violences gynécologiques et 24,5 % des violences obstétricales, selon les catégories définies par StopVOG. Plus d'une femme sur deux signale des atteintes graves au consentement, qualifiées parfois de violences sexuelles, avec des examens réalisés sans consentement explicite ou malgré des refus.
Un taux préoccupant de 80,1 % des répondantes rapportent des atteintes à leur consentement lors des examens médicaux. Beaucoup expriment des difficultés à décliner les actes médicaux suggérés, principalement en raison de la dynamique de pouvoir inhérente à la relation soignant-soigné. Des questions d'inadéquation d'information ou de pression sociale exacerbent ce problème.
Nombreuses sont celles qui décrivent des examens douloureux qu’elles ont été contraintes de poursuivre, et bien souvent, les douleurs et effets secondaires liés à des procédures telles que le frottis ou la pose de stérilet sont minimisées. Certaines adolescentes témoignent également d'examens imposés sans information adaptée à leur âge, ce qui constitue une violation de leurs droits, comme l'indique l’étude.
D'autres études, notamment celles relayées par FranceInfo, mettent en avant que les gynécologues, souvent cités comme auteurs de ces violences, représentent 39,7 % des témoignages. Ce problème n'est pas isolé et suscite de vives inquiétudes parmi les professionnels de santé et les associations de défense des droits des femmes.
StopVOG souhaite également alerter sur les conséquences de ces violences, souvent sous-estimées, qui affectent gravement le suivi médical des victimes. Les conséquences psychologiques incluent l'anxiété, troubles du sommeil et dégradation de la vie sexuelle, renforçant le besoin urgent de réformes dans le domaine de la santé reproductive.







