Alors que la France subit une vague de chaleur écrasante, les écologistes ont lancé une pétition demandant la mise en place d'un «congé climatique de cinq jours» par an, destiné à protéger les travailleurs les plus exposés. Ce droit s'inspire du modèle du droit opposable au logement, une initiative portée par des figures comme la maire du XIe arrondissement, Marine Tondelier, et David Belliard.
Dans une tribune publiée dans Libération, ces élus affirment que le droit à la fraîcheur devrait inclure un accès à des espaces ombragés, des lieux frais pour se reposer, et des infrastructures adaptées thermiquement. Leur proposition vise à légiférer ce droit pour que personne ne soit privé d'un environnement tempéré.
Comme l'explique Marine Tondelier, «Pour que ce droit ne reste pas un vœu, il doit être soutenu par une force contraignante». Elle plaide pour un «plan national fraîcheur» qui assurerait que l'État garantisse ce droit pour les générations futures. Les écologistes soulignent également la baisse alarmante du budget alloué à la lutte contre le réchauffement climatique, passant de 2,5 milliards d'euros en 2024 à seulement 650 millions d'euros en 2026, ce qui remet en question l'engagement du gouvernement envers ce sujet crucial.
La notion de droit à la fraîcheur n'est pas isolée à la France. À New York, des associations militent pour que les propriétaires soient obligés de maintenir une température intérieure en dessous de 25 °C. Cette idée fait écho aux lois françaises concernant le droit au logement, garantissant des recours pour l'accès à un logement décent.
Cependant, la question de l'utilisation des climatiseurs demeure délicate. Les critiques de ces appareils s'intensifient, car ils contribuent aux émissions de gaz à effet de serre, mais la réalité impose des exceptions, comme dans le cas des écoles et des hôpitaux. Tondelier a récemment déclaré : «Il est urgent d’équiper les services publics, il y a des endroits où l'on ne peut plus se passer de climatisation».
Les discours sur les climatiseurs sont loin de faire l'unanimité. Certains élus, comme Rodrigo Arenas de LFI, soulignent l'impact environnemental dévastateur de ces appareils. «La climatisation représente 7 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre, bien plus que le transport aérien», affirme-t-il, appelant à un changement de paradigme quant à leur utilisation.
Pour l'année 2023, des personnalités écologistes comme Sandrine Rousseau défendent la nécessité de rénover l'isolation des bâtiments plutôt que de dépendre de la climatisation. «On ne peut pas développer les climatiseurs, ils font partie du problème», souligne-t-elle, mettant en exergue l'urgence d'une prise de conscience collective pour une adaptation soutenable face aux changements climatiques.







