Dans un message à ses proches, la substitute du parquet d'Auch exprime son mécontentement sur le traitement de l'affaire Rosa. Elle est au cœur d'un rapport de l'Inspection générale de la justice.
Furieuse. La jeune magistrate du tribunal judiciaire d’Auch (Gers) a fait part de sa frustration dans un message révélé par BFMTV : "Je suis déjà sanctionnée alors que je ne me suis pas encore défendue". Pour l’instant, elle est impliquée dans le scandale judiciaire autour des complications de l’affaire Lyhanna, du nom de cette jeune fille retrouvée morte dans le Gers.
"Traitement défaillant", "perte de temps", "erreur d’orientation", "absence de prise en compte de l’urgence" : le rapport de l’IGJ, long de 44 pages, est très critique à son égard. "Mon sort est déjà envisagé", écrit-elle dans son texto, alors qu’il s’agit de son premier poste au parquet. Elle a été chargée de la procédure liée à Rosa, une fillette de 11 ans qui a porté plainte en août 2025 pour viol contre Jérôme Barella, le principal suspect dans l’affaire Lyhanna. Dans cette affaire, Barella n’a pas été placé en garde à vue.
"Je ne pouvais pas faire mieux"
La jeune femme défend sa gestion du dossier dans son message à ses proches. Elle a assuré avoir "géré ce dossier en cinq semaines". "Je ne pouvais pas faire mieux", insiste-t-elle. Les inspecteurs de l’IGJ affirment pourtant qu'elle n'a pas signalé l’urgence dans le dossier envoyé aux enquêteurs de Lectoure. Le suivi du dossier a été inconstant : pas de nouvelles pendant quatre mois. L’IGJ l’a interrogée à ce sujet, soulignant que le directeur d’enquête, qu'elle considérait compétent, n'a pas été suffisamment soutenu.
Selon l’IGJ, une précédente enquête pour viol sur mineur déjà classée sans suite en 2024 aurait dû inciter la magistrate à être plus proactive et à placer Jérôme Barella en garde à vue selon les instructions. Pour l’Inspection, "tout suggère" qu'elle a trop compté sur les avis de l’OPJ, alors que la gravité des accusations imposait une direction plus stricte de l’enquête.
"J'aimerais pouvoir exprimer ma défense haut et fort, expliquer dans quelles conditions nous travaillons […] Nous faisons tous des heures impossibles au détriment de notre vie personnelle", déclare la jeune femme. Elle pourrait faire face à des accusations d'insuffisance professionnelle lors d'une audience disciplinaire devant le Conseil supérieur de la magistrature (CSM). Actuellement, son habilitation à traiter des affaires concernant des mineurs lui a été retirée par le ministre de la Justice, Gérald Darmanin.







